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Voyages

Alaska suspendu: Le début d’une nouvelle ère

Xavier De Le Rue redéfinit la dépose en Alaska...

John Jackson, Kazu Kokubo et Blair Habernicht me jettent tous un regard fixe au-dessus des pizzas à moitié mangées, leur bouche grande ouverte. Croyez-moi, il faut raconter une sacrée histoire pour obtenir ce résultat avec des snowboardeurs professionnels aussi expérimentée et adulés que ceux-là. Ce que je viens de leur dire, c’est l’histoire que vous vous apprêtez à lire : Xavier De Le Rue a réécrit l’histoire de l’accès au backcountry. C’est sans doute le début d’une nouvelle ère pour la dépose, rien de moins…


Texte Ed Leigh // Photos Tero Repo

En 2014, je suis invité dans l’Arctique à Svalbard avec Timeline Productions pour le premier déplacement de leur projet de film Degrees North. L’idée était de tourner avec des paramoteurs, et si vous n’en n’avez jamais vus, il s’agit de parapente avec un petit moteur deux temps qui permet de prendre de l’altitude facilement même avec deux personnes et peu de vent.

Cette premières expédition test de l’année à Svalbard fut un succès. L’idée de De Le Rue a été mise en place pour la première fois en 2011 et avait déjà fait ses preuves. Effectivement dès Savalbard, l’équipe sentait que l’on était prêt à ouvrir un nouveau champ des possibles pour le backcountry, grâce à Xavier, qui a le don très rare d’être capable d’associer une imagination très créative avec à des capacités hors normes, et à la détermination de concrétiser les idées les plus folles.

“Xavier a le don très rare d’être capable d’associer une imagination très créative avec à des capacités hors normes, et à la détermination de concrétiser les idées les plus folles.”

Xavier, l’homme-ventilateur

Le plan de De Le Rue, c’est d’utiliser des paramoteurs comme des hélicoptères. Il veut voler en tandem jusqu’à un pic puis sauter sur la face en dessous. Cela semble vraiment ridicule et beaucoup de personnes ont rigolé quand Xavier en a parlé. Mais ils ne connaissent pas vraiment ce dont est capable le français.

Presque exactement un an après Svalbard, je suis de retour avec le Crew en Alaska. Nous sommes sur le tarmac de l’aéroport de Haines. Je dis aéroport, mais en réalité c’est une petit paramètre délimité par une barrière, une petite cabine et une piste de décollage d’une longueur décente située entre les montagnes, bien que l’on peut dire qu’au moment du décollage personne ne regarde les montagnes. Xavier De Le Rue personne calme. Personne ne l’a jamais vu dans cet état-là, le pyrénéen, et tout le monde le regarde en train de développer sa colère. Il jure les faits laissant pas et personne ne sait vraiment comment réagir, donc on lui laisse de l’espace.

"Ceux qui veulent chier lèvent le doigt!"

La frustration est palpable. Il a déjà dépensé une petite fortune sur un boat trip plutôt vain plus loin au nord, où le manque de neige a tout gâché, et les neuf derniers jours ont été passés à regarder le ciel gris depuis la piaule. Il y a de plus en plus de grands trous dans le ciel, et alors que tous les autres Crew de tournage et les clients privés partent en hélicoptère, rien ne se prépare de très bon pour nous.

10 minutes plus tard, plus personne ne s’inquiète de l’état émotionnel de Xavier, mais les gens ont envie de passer à l’action. Les filets de matériel sont attachés en bas de l’hélicoptère avec de longs cables et les membres du Crew grimpent à bord. On passe de zéro à 100 battements de coeur par minute, c’est la routine classique lorsqu’on travaillait des hélicoptères en montagne.

L’Alaska, c’est le pied!

Ces expéditions ne sont pas faciles ni peu chères, 10 personnes sont transportées à 15 minutes au sud-ouest de Haines, au-dessus de la rivière Chilkat et vers le glacier Rainbow. le site du campement est parfait, offrant la sécurité d’un terrain plat au-dessus du glacier et une barrière de rochers qui protègent des intempéries. Les grandes faces sont bien visibles, pour que les caméramans n’aillent pas trop loin, et, la cerise sur le gâteau, c’est la piste de décollage parfaite pour les paramoteurs.

“Le plan de De Le Rue, c’est d’utiliser des paramoteurs comme des hélicoptères. Il veut voler en tandem jusqu’à un pic puis sauter sur la face en dessous.”

 En comprend le réalisateur Guido Perrini, le cameraman, gestionnaire des données Tim Burgess, le producteur Matt Hollis, le photographe Tero Repo, le pilote de droneChristoph Weber (oui, le même ex pro et collaborateur de longue date de David Benedek), le pilote de paramoteur Christophe Blanc Gras et les athlètes : Ralph Backstrom de Tahoe, Sam Anthamatten de Zermatt et bien sûr, la force motrice de tout le projet : Xavier De Le Rue.

Il y a assez de matériel et de nourriture pour subsister trois semaines, et cela a nécessité des mois de planification pour tout organiser. Mais alors que le son des pales de l’hélicoptère découpe l’air, on peut sentir un moment d’exaltation. Tout le monde sait que le gros du travail est déjà fait. Tout ce qu’il faut faire maintenant c’est se nourrir, dormir et selon le rôle qui nous a été attribué, shredder, voler ou capturer l’action en images.

Le campement est installé en 3:00 et Christophe, en tant que français le plus expérimenté, assume le rôle de chef. Le programme est de se lever 1:00 avant les premières lueurs du soleil, ce qui fait 4:15.. Chacun remplit ses bouteilles avec la dernière casserole d’eau bouillante à placer dans leurs sacs de couchage pour jouer le rôle de bouillotte. Plus de 2 m de neige sont tombées la semaine précédente et les prévisions indiquent cinq jours de fenêtre météo. À ce moment-là, on peut dire que ça ne pourrait pas être plus parfait.

Je me réveille à 1:30 du matin dans une véritable ambiance sonore de guérilla. Des sons d’explosions remplissent la vallée. Je retrouve peu à peu mes sens… Je suis dans une tente et le campement se trouve dans un endroit sûr. Je mets mes boots et je coure à l’extérieur. Ralph, Sam et Xavier sont déjà debout en train de regarder la face que l’on nomme “La ride de grand-mère”, le joyau des lignes qui veulent rider. Le ciel est clair, mais un petit mélange de particules de neige et en suspension dans l’air et on peut voir à travers cela que la montagne est à nue. Elle a été pelées jusqu’à la roche, l’équivalent de tout un hiver de neige est tombé de la face. Plus de 6 m est tombé sous la forme d’avalanche, déclenchée par une corniche gigantesque tombée de la crête. Le torrent de neiges ainsi créées est littéralement terrifiant : c’est la plus grosse avalanche que je n’ai jamais vue et elle court sur plus d’un kilomètre et demi vers le glacier en dessous.

“ l’équivalent de tout un hiver de neige est tombé de la face, déclenché par une corniche gigantesque tombÉe de la crête”

L'heure dorée, sous le vent...

Tout le monde reste silencieux. Sam tente un mot d’humour: “c’est comme si Roger Federer se prépare pour sa finale à Wimbledon et que le court central s’effondre brusquement!”

Je ne peux m’empêcher de rire. Les autres aussi. Finalement c’est ça, la montagne, on peut se préparer à tout, mais au final c’est elle qui décide. Ça pousse forcément à une grande humilité.

Et ce n’est pas le seul endroit où ça pète. La radio nous signale des coulées abondantes un peu partout sur la zone. Les quantités accumulées rapidement alliées à la hausse des température n’est pas un bon mix. Il va falloir faire très, mais alors très attention où tout le monde met les pieds…

“Xavier se chie dessus. Non en fait, il fait des cacapets, si tu vois la différence? Non pas à cause de l’avalanche terrifiante à laquelle on vient d’assister. Penses-tu! Mais plutôt à cause d’une sorte de tourista du grand Nord.”

Xavier se chie dessus. Non en fait, il fait des cacapets, si tu vois la différence? Non pas à cause de l’avalanche terrifiante à laquelle on vient d’assister. Penses-tu! Mais plutôt à cause d’une sorte de tourista du grand Nord. Quelques jours avant, la récolte miraculeuse de moules avait pourtant mis tout le monde en joie. Mais visiblement, le grand amateur de ces molusques qu’est Xavier allait se rappeler longtemps de cette fournée. Les animaux à coquille noire tenaient leur revanche.

“C’est la merde, hein Xavier?” “M’en parle pas!”

Durant les 48h suivantes, Xavier fit 22 aller-retours aux “toilettes”, de plus en plus urgents. Une horreur. Il avait une sale mine et ne mangeait plus rien. Pendant qu’il se remettait, Anthamatten et Backstrom commencèrent à se lancer dans quelques pentes annexes, accessibles facilement à pied. Le vent est de toute façon trop fort pour permettre au paramoteur de voler.

Sur ces runs faciles pour eux (moins pour moi), tout semble tellement parfait: neige impeccable, les meilleurs guide du monde, et rien d’autre au programme que d’enchaîner quelques belles lignes. Ce qui tombe plutôt bien car je galère pas mal avec mon splitboard. Mais ce n’est pas mon seul problème. Quand on a l’hélico à disposition, on peut faire des photos des lignes et prendre son temps pour les mémoriser. Là, seule la mémoire de la montée va compter, et ça me fait bien flipper quand je vois ces pentes d’une raideur assez impressionnante. Non seulement mémoriser la ligne, mais aussi savoir les endroits où s’échapper si quelque chose venait à mal tourner.

“Note perso: plus jamais de pentes à plus de 40°. Merci.”

Je contemple avec effroi le sommet de ce que le guide le plus renommé d’Alaska, Tom Burt, appelle une boule de bowling: une pente convexe dont l’inclinaison ne cesse de s’amplifier, jusqu’à disparaître de ta vue, et qui ne laisse apparaître qu’un trou béant devant toi, avec aucun point de repère. Génial. Je commence à sentir monter le stress et décide de me lancer pour le faire retomber. Quelle belle idée! Me voilà engagé dans une pente aux environs des 50°, et mon courage se fait la malle aussi vite que les gerbes de neige que j’envoie sur le côté. Je suis sur le point de prendre une leçon, mais la question est: jusqu’à quel point? Il n’y a pas moyen de revenir en arrière dans ce type de pente, et il faut garder son calme pour tenter de se rappeler de ce qu’on a vu en montant: les lignes, les sorties etc. Tout se mélange, évidemment. Si on ajoute à cela mes talents de novice pour ce qui est d’éviter l’aveuglement du sluff (les inévitables petites coulées déclenchée sur ton passage), je suis, un peu comme Xavier, dans la merde. Mais je serre les dents, je tiens debout et réussit à enchaîner jusqu’en bas. Je hurle des mots que je ne pense pas. J’ai eu du bol. Quel rappel du talent de mes collègues, Sam, Ralph et Xavier, qui eux passent ce genre d’épreuve au petit déjeuner… Je me fais donc une petite note mentale: je ne riderai plus rien en dessus des 40°.

“Je contemple avec effroi le sommet de ce que le guide le plus renommé d’Alaska, Tom Burt, appelle une boule de bowling…”

Le 5ème matin est presque une grasse mat’ comparé aux autres, et on retrouve Xavier en joie, sur ses deux gubolles, beaucoup plus fringuant que la veille. Son estomac le laisse à nouveau manger en paix. Le ciel est laiteux mais au moins, le vent est tombé. Sur les deux derniers jours, Ralph et Sam se sont fait plaisir sur quelques lignes moyennes (pas pour moi) mais ont attendu patiemment que Xavier se remette pour taper dans le dur. En plus, l’idée d’utiliser le paramoteur devient peu à peu une réalité. De Le Rue et Anthamatten sont deux pilotes expérimentés en la matière, et comme l’explique Xavier:

“J’ai appris à voler en paramoteur juste pour bien cerner le potentiel et les limites d’un tel engin en montagne”.

Anthamatten lui a appris à faire voler ces engins pour l’expédition précédente, au Svalbard. En deux semaines il se sentait déjà assez confiant pour voler seul. Backstrom quant à lui n’a jamais volé sur ce type d’aile. Jamais volé du tout ailleurs qu’en avion ou en hélico, d’ailleurs. Christophe, le pilote du paramoteur, a mis au point une sorte de siège éjectable d’essai, où les riders peuvent enchaîner les déposes factices, se balançant vers l’avant comme s’ils allaient le faire pour de bon. Les choses se mettent vraiment en place… Même si le vrai test sera le premier essai en vrai. Comment ne pas déstabiliser le pilote, sauter le plus clean possible, pas trop loin du sol, à quelque chose comme 20 km/h dans une pente à 50°… Chaud quand même.

Xavier le pionier

“LE visage DU PILOTE est presque fermé tant la concentration semble déjà L’habiter. IL ressemblerait presque à une version jeune du Doc dans Retour Vers Le Futur.”

Quelques journées mémorables sont devant nous: la météo qui s’éclaircie en est le signe. L’excitation est palpable, même visible sur les visages. tous les visages. Sauf un. Celui de Christophe Blanc-Gras, le pilote. Lui se sentirait plutôt investit d’une très grande responsabilité. Son visage est presque fermé tant la concentration semble déjà habiter celui qui ressemblerait presque à une version jeune du Doc dans Retour Vers Le Futur. Des cheveux hirsutes s’échappent de chaque côté de son bonnet (même quand il porte une cagoule d’ailleurs) et un rire roque s’échappe parfois de sa bouche, rapellant vaguement celui d’un homme légèrement foufou.

Mais en fait, il est tout sauf fou. Il est calme et posé, et c’est exactement ce dont a besoin le reste du team à ce moment précis. C’est à lui que revient la responsabilité de déposer nos trois riders au bon endroit et en sécurité. Dans cet environnement pour le moins changeant, l’opération peut difficilement être plus compliquée.

À 14h ce jour-là, le paramoteur est enfin prêt à voler. Christophe a 40kg de moteur et d’essence collés à son dos, et 80kg de rider français collés à ses couilles. L’idée est de se mettre le plus possible face au vent, sur une pente douce, car la voile doit être déjà gonflée lorsque Christophe mettra les gaz.

“le paramoteur est enfin prêt à voler. Christophe a 40kg de moteur et d’essence collés à son dos, et 80kg de rider français collés à ses couilles.”

Selon lui, il faut dans des conditions normales et d’où nous sommes, moins d’une minute pour atteindre la crête où Xavier veut être largué. Tout cet attirail semble tellement dérisoire et compliqué, dans cet environnement tout particulièrement. Une brindille avec deux hommes dessus, dans un univers totalement hostile. Enfin pas si hostile au niveau de la météo, c’est déjà ça. C’est même l’essentiel. De ce que l’équipe en a vu, les décollages sont plutôt sportifs sur ce genre d’engin. Alors avec un siège en équilibre précaire, une board aux pieds et tout, ça va être fun, c’est sûr! Tout ce monde aussi expérimenté soit-il ne la ramène pas, et personne ne peut dire à ce moment précis, qu’il est dans sa zone de confort. C’est à ça j’imagine, qu’on sent que l’on réalise une première…

Tiens le pinceau…

Sous l’œil encore un peu incrédule de Sam, Christophe enchaîne les derniers préparatifs. Le parachute est vérifié, les sangles aussi, le siège ajusté et le mécanisme de bascule testé jusqu’à l’usure. Xavier ronge son frein. 9 jours d’attente dans le mauvais temps, deux jours de tourista et puis de suite en action pour réaliser une première, un exploit même.

Quelques minutes plus tard, le paramoteur était prêt à voler, et Xavier venait se mettre dans le siège devant Christophe. Au 3ème passage sur la cête au dessus de nous, Xavier se décroche.

Aussi inévitable qu’incroyable, l’aventure nous offrait cette première, sous nos yeux. Xavier nous sembla être en l’air un bon moment, peut-être une belle seconde, avant que son tail ne touche la pente, pile à un endroit où l’inclinaison lui permettait de garder sa vitesse, et d’enchaîner une gros turn sous les ‘Ouahh’ de la troupe. Même Guido le réalisateur, un home aussi sec que gentil et qui a vu pas mal de choses en Alaska et ailleurs, se fendait d’un ‘Yeahh’!

Les activités para-normales de Xavier...

“Xavier nous sembla être en l’air un bon moment, peut-être une belle seconde, avant que son tail ne touche la pente, pile à un endroit où l’inclinaison lui permettait de garder sa vitesse, et d’enchaîner une gros turn sous les ‘Ouahh’ de la troupe”

Drop, ligne –> Repeat!

Voilà, nous savions désormais que c’était possible. Nous en avions tous l’intuition, Xavier le premier, et depuis fort longtemps, mais c’était enfin arrivé. un rêve de gosse réalisé en plus sur cette terre. L’inconnu nous était presque devenu familier, du coup. Sam et Ralph attendaient le retour de Christophe comme des gamins sous acide. Sam fut le suivant, puis Ralph. Tous deux connurent le même succès. Dès le premier essai.

Au passage, Ralph le colosse nous laisse tous sans voix. Non seulement son gabarit impressionnant ne fait pas de lui le snowboarder type. En plus il n’a jamais volé. Et la première fois qu’il le fait, c’est pour se détacher de son engin… Plutôt atypique, ce bonhomme… Et malgré quelques difficultés de mise en place, et avec la patience de Christophe, lui et les autres membres de cette expédition qui restera dans les annales, repartiront d’Alaska un grand sourire sur les lèvres.

“Au passage, Ralph le colosse nous laisse tous sans voix. Non seulement son gabarit impressionnant ne fait pas de lui le snowboarder type. En plus il n’a jamais volé. Et la première fois qu’il le fait, c’est pour se détacher de son engin…”

Dans les ombres de la Vallée de la Mort

Les déposes s’enchaînent et tout roule parfaitement. Christophe positionnes cette fois Ralph au-dessus d’une belle ligne toute fraîche. Il droppe et se pose comme on pose un jump, ni plus ni moins. Puis il enchaîne même deux 360 dans la face. Terrible!

Le lourd investissement en temps, en énergie et en argent paye enfin. Peu importe ce qui arrive désormais, le temps peut tourner ou le paramoteur ne plus marcher: ils ont réalisé ce qu’ils voulaient, et mieux encore, l’essentiel du film est dans la boîte. Chritophe met à chaque fois un bon quart d’heure à revenir dans la zone après sa dépose, et il kiffe à mort. Presque autant que les riders eux-mêmes, c’est certain. Mais au moment où je me dis que tout le monde rassasié va se sauter dans les bras et célébrer, Xavier rappelle tout le monde à l’ordre: tout n’est pas encore parfait et il faut encore plus de déposes pour n’avoir que du très bon pour le film. Voilà précisément la différence entre Xavier et un mec normal, comme moi. Lui n’est jamais satisfait, et c’est pour ça qu’il est là où il est.

L’attirail…

I Mais en ce qui me concerne en tout cas, mon temps avec le crew touchait à sa fin. De toute façon, les prévisions annonçaient une nouvelle tempête dans peu de temps et tout le monde devrait sans doute lever le camp. Mais comme si ce succès avait donné une énergie supplémentaire à tout le monde, les runs s’enchaînaient, parfois même avec pas mal de rando après la dépose pour aller taper la meilleure zone possible. Décidément, il n’y a pas de hasard. ce crew-là possède quelque chose que les autres n’ont pas. Un je ne sais quoi de noblesse dans cette volonté de faire le mieux possible, en toute circonstance.

Ces qualités se retrouvent chez Xavier, aussi bien mentalement que physiquement. Son manque d’ego naturel pour une personne comme lui est combinée à un esprit d’une grande ouverture et une soif d’apprendre et de progresser sans limite. C’est le genre de mec qui va analyser absolument toutes les solutions pour un problème donné, et systématiquement trouver la meilleure. Sam et Ralph ont visiblement beaucoup appris à son contact, et d’ailleurs quand je peur pose la question de ce que représente pour eux une telle expédition, c’est autant leur progression personnelle que la vision réussie de Xavier qui remonte à la surface. D’ailleurs tout le crew s’accorde à dire que cet événement fera date, et que certains à coup sûr se souviendront de Xavier pour cela. Pour avoir ouvert cette nouvelle possibilité d’exploration dans ce type de terrain.

“cet événement fera date, et que certains à coup sûr se souviendront de Xavier pour cela. Pour avoir ouvert cette nouvelle possibilité d’exploration dans ce type de terrain.”

Ralph, voilà un selfie perche dont on ne dira rien de mal…

“The paramotor offers freedom on a scale big mountain riders have only ever dreamed of”

La réalité indéniable, c’est qu’il faut un crew au top pour réaliser un tel projet et le mener à bien. Rien n’arrive sans travail ni préparation. Encore moins dans ce type d’aventure freeride. Des personnes focalisées sur un même but, avec des talents très complémentaires. Et malgré tout cela, l’environnement dans lequel on évolue pousse à l’humilité. car tout peut être remis en cause pour une tempète, ou même un simple coup de vent. C’est complètement fou quand on y pense.

Au final, le succès de cette mission ouvre non seulement de nouvelles possibilités d’exploration, mais les rendent aussi accessibles à plus de personnes. L’économie d’un hélicoptère est substantielle, quand on pense qu’un tel engin revient au bas mot à 2000€ par jour. Avec le paramont, un litre de fuel te fait voler pendant 20 minutes… Et bien sûr, le paramoteur, lui, est entièrement transportable!

Si tu n’as encore vu aucune image de Degrees North, jète-toi sur le teaser, ou encore mieux, sur le film lui-même: il sort ces jours-ci sur à peu près toutes les plateformes habituelles.

Quant à moi, je suis et je resterai un disciple des Histoires, avec un grand H. Je les chéris, j’aime les bonnes histoires et j’adore les raconter. Celle-ci est l’une de mes meilleures. Je le sais car ce que j’ai vécu est unique. Et je le sais aussi car une nuit, dans une pizzeria, j’ai tenu en haleine une poignée de riders parmi les plus prestigieux du monde, qui en ont entendu déjà beaucoup, pourtant…

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