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En Vedette Opinions

Tips: Comment se faire sponsoriser?

Beckna, au-dessus du ‘Yeah’, team manager Vans jusqu’en 2013, avec ses trouvailles. Photo: Sami Tuoriniemi.

Thomas ‘Beckna’ Eberharter – rider historique de la vallée du Zillertal en Autriche, est devenu team manager chez Vans après avoir ridé pour eux pendant des années. Et Dieu sait si le métier de team manager est lui-même convoité, surtout dans une boîte comme Vans. En quoi cela consiste? Et bien organiser les trips du team, et choisir de nouveaux talents, principalement… Aujourd’hui, le poste est tenu par un Frenchie, Bruno Rivoire, lui aussi ancien rider du team. Beckna te dévoile tous les secrets pour savoir ce qu’il faut faire et ne pas faire pour trouver un sponsor.

Au milieu des années 1990, Thomas “Beckna” Eberharter était l’un des rares riders autrichiens à vivre du snowboard. “Mon premier sponsor board, c’était la petite marque suisse ‘Steep & Deep’. Ils fabriquaient ça à l’ancienne dans un garage! Je n’étais pas payé au début, mais pour nous jeunes riders c’était déjà le rêve de ne pouvoir faire que ça et avoir toujours du matos neuf. Le plus important c’était de rider le plus possible, donc l’argent…” Puis il s’est fait connaître au niveau européen, et là des sponsors plus importants ont frappé à la porte, dont Vans. C’est là qu’il a vraiment commencé à vivre de sa passion. Pour en devenir ensuite le TM Europe. Alors qui de mieux placé pour revenir sur tout cela et pour que tu en tires des conseils si toi aussi, tu cherches à te faire sponsoriser?

– “Les choses sont beaucoup plus compliquées aujourd’hui pour les jeunes riders. Le niveau requis est largement plus élevé qu’à l’époque, et internet a bouleversé la donne. Le temps où on te faisait signer un contrat si tu savais faire quelques tricks, c’est bel et bien fini. Le but lui, est resté le même, et tu ne dois jamais le perdre de vue: c’est le FUN qui doit te guider, pas le cash. Progresse, sois curieux et ouvert… Et aussi polyvalent que possible. Tu dois pouvoir montrer que tu sais tout rider, surtout au début”.

Beckna est toujours là pour montrer aux kids comment on fait. Photo: Christian Eberl/Asthetiker

– “La première étape vers le sponsoring, c’est ton shop local. Son boss connaît fatalement des gars dans le milieu, notamment des marques à qui il achète du matos. Si tu arrives à le convaincre que tu es bon, il se pourrait qu’il en parle à ces marques. Il a même peut-être un petit team amateur avec son shop. C’est toujours mieux si quelqu’un d’autre parle de toi à un sponsor potentiel, que si c’est toi qui doit t’en charger. Je ne parle pas de piston, mais de talent, entend bien.”

– “Commence à faire quelques contests au niveau local – les résultats en compète, c’est indéniable, et ils sont une preuve absolue que tu es plus fort qu’un tel ou un tel. En tout cas plus complet, car tu montres de suite que tu es non seulement pas maladroit sur un board, mais aussi que tu as un certain mental. Tom Klocker par exemple, il s’est fait remarquer en gagnant l’Ästhetiker Groms Contest lors d’un Vans Park Opening, il a même fait des parus dans les magazines ce jour-là. Et il a aussi obtenu son ticket pour l’US Open de Stratton le printemps suivant.”

– “Sois patient: il se pourrait que tu attendes plusieurs saisons afin de vraiment vivre de celà, même si tu y mets tous tes efforts. C’est un investissement. Moi je roulais sans arrêt l’hiver, je me déplaçais sur toutes les coupes d’Autriche, et c’est seulement après ma seconde victoire sur ces contests nationaux que Nitro m’a donné un petit budget voyage et des boards.”

– “Montre ta personnalité! Montre-toi et montre que tu fais des choses que personne d’autre ne fait. Tu dois être original sur une board, et aussi montrer que tu es ouvert et que tu sais te ‘vendre’ un minimum, que tu n’es pas le gars qui reste dans son coin et ne parle à personne.”

Le World Rookie Tour est l’endoit idéal pour te faire remarquer. Roope Tonteri est passé par là. Photo: Sami Tuoriniemi.

– “Quand je découvre un talent, il reçoit d’abord une dotation, c’est-à-dire du matos. Ensuite j’attend de lui qu’il me montre qu’il sait communiquer: réseaux sociaux, etc. Et qu’il ne met non plus seulement lui, mais aussi la marque en avant. Ce n’est donc pas seulement moi qui décide s’ilentre vraiment dans le team, mais aussi son comportement, et différents éléments qui feront la différence. Le budget du team fait partie du budget marketing, et les besoins pays par pays peuvent jouer un rôle par exemple.”

– “Un fois que tu es dans un team, montre-toi actif: apprend qui fait quoi, envoie tes parus, tes résultats, communique bien avec ton sponsor et tes potes du team. Pas non plus besoin d’envoyer des emails chaque semaine! Mais régulièrement. Sois un ‘team player, quoi!”

– “C’est toi qui dois te charger de rassembler toutes tes parus, résultats et autres, personne n’a le temps de le faire à ta place! Et ça fait partie de ton taff de rider. Rappelle-toi que personne ne te dois rien, mais c’est toi qui doit à ton sponsor de rider tous les jours et de kiffer ton statut de rider, alors sois-en digne!”

– “Essaie de couvrir tous les aspects du snow, montrer que tout t’intéresse. Ce n’est pas le moment de faire ta diva et te spécialiser, genre ‘non, moi je fais plus de contests, je fais que filmer’. Non, tu fais tout ce qui se présente. Rien ne te servira davantage au moment de négocier un meilleur deal.”

– “Une carrière de pro rider est courte, parfois très courte. Évite donc de changer de sponsor tous les ans, car une carrière ça se construit. Et la loyauté est souvent récompensée. Si bien sûr tu te rends compte que ton sponsor ne compte plus trop sur toi et pousse systématiquement d’autres riders, alors oui, il est sans doute temps de réfléchir à un changement de crèmerie.”

Niki Korpela mène toujours contests et vidéo de front. Photo: Espen Lystad.

– “J’ai toujours suivi ce que j’appelle ‘smart snowboarding’: écouter ses intuitions, sur la board comme en dehors. Tu peux prendre des risques si tu te sens en confiance, mais poses-toi bien cette question avant: comment je le sens? D’autant que la pression marketing autant que la pression sur ton corps, sont bien plus grandes aujourd’hui. Dans tous les cas, ne vas pas à ton point de rupture. D’expérience, je peux te dire que personne au monde ne peut donner 100%, 365 jours de l’année, et aucune marque ne te demandera ça, d’ailleurs.”

– “Finis ton cursus scolaire! Tu n’en es pas à une année près et le temps que tu penses perdre sur les bancs de l’école te servira bien davantage. Déjà tu seras plus motivé quand le moment arrivera pour toi, et puis la suite de ta carrière n’en sera que plus brillante. N’oublie pas que ta carrière peut se terminer avec une seule mauvaise chûte, et assurer ses arrières est indispensable si tu veux pouvoir tout donner quand tu es sur ta board.”

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