The Fourth Phase – Le Verdict - Onboard Magazine FR

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Opinions

The Fourth Phase – Le Verdict

Est-ce bien le film qui va tuer tous les autres?

Photo principale: Teddy Merellec/Red Bull Content Pool

Londres, San Sebastian… Nos reporters étaient partout pour suivre la tournée ‘The Fourth Phase’ et les 3 riders de chocs qui l’ont animé: Travis Rice, Mark Landvik et Victor De Le Rue.Quiksilver et Red Bull ont mis les petits plats dans les grands à l’occasion de la sortie du film le plus attendu du moment. Retour sur leur marathon – qui n’est d’ailleurs pas encore tout à fait fini, et surtout notre verdict: est-ce bien le film qui va enterrer tous les autres?

C’est le 20 septembre dernier qu’avait lieu l’une des premières soirées ‘The Fourth Phase’ en Europe,  à Londres, où nous avons donc croisé l’équipe du film avant le grand moment, puis pu poser quelques questions à Travis mais aussi à Ben Bryan, le producteur du film et responsable du projet chez Red Bull Media House.

Victor De Le Rue, Tim Warwood et Mark Landvik join Travis sur scène à l’avant-première londonienne. Photo: Mike Brindley

 

La foule de Londres. Photo: Mike Brindley

Tout d’abord, précisons que Travis Rice n’a plus rien à prouver à personne. Ces derniers films événements à eux seuls sont là pour t’en assurer: qui n’a pas entendu parler de ‘That’s It That’s All’ ou de ‘The Art Of Flight’? Deux sorties qui ont marqué le monde du snowboard, avec le clivage habituel et propre aux choses qui ne passent pas inaperçues. Certains prenant les devants pour se pâmer devant les images incroyables et les tricks qui l’étaient tout autant. D’autres pour enrager sur le nombre de shots d’hélico… et la débauche visible de Dollars.

Le challenge pour l’équipe Brain Farm était donc de taille, pour arriver à satisfaire un public qui allait être de toute façon aussi avide que prompte à la critique, tant on est en droit d’attendre l’exceptionnel. Et disons-le tout net, comme c’est souvent le cas quand on attend trop de choses: nous avons été déçus. Attention pas déçus dans l’absolu! Car ‘The Fourth Phase’ restera sans doute comme l’un des films de l’année quoi qu’on en dise. Il a aussi le mérite de toucher un public que le snowboard ne pourrait pas aborder en rêve – et ça c’est aussi une qualité fondamentale. Mais par rapport à l’attente que les observateurs que nous sommes pouvaient en avoir, alors effectivement on peut le dire, nos espérances n’ont pas tout à fait été comblées.

Dieu seul sait à quel point nous aurions voulu nous enflammer sur ce film, y aller de tous les superlatifs! Voir un film qui nous tienne en haleine pendant 90 minutes, nous raconte une histoire, nous montre des choses nouvelles et insensées. Alors pourquoi est-ce que l’on pense cela… Et bien voici les raisons:

 

Mark Landvik au Japon. Photo: Mike Yoshida / Red Bull Content Pool

D’abord, on retrouve la voix off que l’on avait déjà entendu sur les deux films précédents, en se disant ‘tiens, il a refait l’erreur’… Bon c’est vrai que pour couper un peu le film de snow classique avec de la musique en fond, ou pour aider à raconter une histoire, il n’y a pas 36 moyens. Mais quand tout commence par une phrase telle que: “partir à l’aventure, c’est ne pas se contenter de ce qu’on a, je suis un aventurier”… On entend déjà la volée de critique, la même d’ailleurs entendue jadis sur les précédents films. Non travis, tu n’as pas non plus à prendre cette voix caverneuse pour nous mettre dedans, t’inquiète!

Le truc, c’est que Travis fait l’expérience que nous faisons tous à la trentaine (comme nous aussi, oui): on se demande si ce qu’on a fait jusqu’à maintenant à une réelle signification qui nous dépasse, ou si on a juste fait que de s’amuser pendant plus d’une décennie sur une planche à neige. C’est un questionnement aussi fondamental qu’universel, nous nous posons tous ces questions une fois (ou plusieurs) dans notre vie. C’est plutôt sain. C’est même une preuve de santé mentale, quand on voit le monde où l’on vit. Mais le problème, c’est que ça peut vite nous faire perdre le fil. Le fil de l’action, dans le cas de ce film. En partant à la recherche des quatre phases de l’eau (car c’est de là que vient le titre), on risque donc de courir plusieurs lièvres à la fois: quatre, en l’occurence. Ça fait beaucoup pour un seul homme, même s’il est accompagné en cela par des riders de très grands talent (les lignes de Victor De Le Rue en Alaska sont juste hallucinantes par exemple).

Après avoir passé une journée en bateau au large de San Seb’ avec lui et toute l’équipe, on regrette de ne pas lui avoir roulé des pelles, tant il nous a fait plaisir! Au passage, merci à Quiksilver et Red Bull pour cette petite croisière bien sympathique, sur le chemin de l’avant-première espagnole!

L’arrivée à San Sebastian ©YBR/Onboard

Une autre raison pour laquelle on se dit que l’objectif n’est pas tout à fait atteint, c’est que finalement le snow, c’est quoi? Le fun avant tout non? Rappelle-toi Afterbang par exemple. Pourquoi une telle longévité parmi les fans (que nous sommes aussi)? Plus récemment, pourquoi des films à petit budget comme The Bad Seeds et Boom de Nitro ont tellement marqué les esprits? Parce que notamment ils faisaient souffler une vent frais sur le snow, quelque chose de l’ordre de l’insouciance, de l’attitude punk qui nous rend parfois nostalgique quand on voit le snow d’aujourd’hui, sans vouloir passer pour des vieux cons – et même si c’est le cas d’ailleurs! That’s it. That’s all. C’est pourtant simple!

Ajoutons aussi  que nous avons été sur-teasé… Ça aussi, c’est le danger. Combien d’images, de teasing pour The Fourth Phase, avant la sortie effective du film? Du contenu régulier c’est bien, mais – et nous sommes bien placés pour le savoir – tout est partagé mille fois, et revient comme autant de boomerangs dans la face de ceux qui en deviennent presque irrités au final. À cette stimulation excessive s’ajoute aussi le contexte: nous avons vu énormément de gros films ces 3 dernières années, car le niveau de production (et de ride) a atteint un niveau totalement inédit.  Là encore, ça fait beaucoup.

Et ne nous y trompons pas, il y a vraiment de la grosse action dans The Fourth Phase, du gros niveau, des tricks incroyables et des riders à leur top. Et même des Double Corks bonkés comme tu pouvais t’y attendre. Tout simplement parmi les meilleures images d’action de ces dernières années. Mais dans un auditorium londonien visiblement garni de connaisseurs – tout comme le Velodromo de San Sebastian d’ailleurs, les applaudissement et les cris n’ont pas été si riches que cela au final. À l’image du test de Mark Kermode qu’il appelle lui-même “le test des 6 rires” pour noter la valeur d’une comédie, on pourrait imaginer le “test des 6 wow”.. Nous n’en avons pas compté 6, ni dans un spot ni dans l’autre. Enfin, cela vaut ce que ça vaut, au final le sens de tout cela, c’est que c’est un très gros film de snow, mais nous avons vu une telle progression des dernières années, que le public semble un poil rester sur sa faim. Coup de flippe avec cette énorme avalanche qui chope Travis par surprise et laisse tout le monde perplexe… Mais cela se finit bien et on s’en réjouit.

Des lignes incroyables, vraiment. Photo: Scott Serfas / Red Bull Content Pool

Passons à la musique: une partie encore plus subjective peut-être, mais qui a toujours son importance dans un film de snow, fut-il monté en voix off. Sur un filmd e snow, nous voulons tous entendre de la musique qui nous donne envie d’aller défoncer une baie vitrée, avant de dévorer un gros steak de viande crue et partir rider, non? C’est juste moi? Bon ok, mais la musique dans The Fourth Phase, m’a juste donné envie de, au mieux, serrer très fort le verre en plastique que j’avais dans la main…

On pourrait aussi reprocher à ce film de rester un peu trop en surface et ne pas nous en montrer plus de la vie des protagonistes, Travis en premier lieu. Là est peut-être le manque de ‘story-telling’ dont on parlait au début. Et puis ce concept des 4 phases de l’eau… L’explication nous laisse un peu sur notre faim.

Image du tournage, gros matos évidemment... Photo: Scott Serfas/Red Bull Content Pool

Ajoutons aussi que ce film demandait sans doute un peu plus de sang frais, de jeunes riders qui seraient venus challenger le boss (plus jeunes que Pat Moore par exemple). Et le Guch, son mentor, aussi pourquoi pas. Mais ce ne fut pas le cas. Revenons néanmoins sur la part de Victor De Le Rue car si elle est trop courte à notre goût, elle est néanmoins GÉANTE! Mais ces lignes droites en Alaska mec! On croirait voir le Régis Rolland du XXIème siècle, sans déconner! Rien que pour faire ça, il faut pouvoir serrer ses bottes suffisamment fort pour ne pas s’envoler, tu vois le truc?

Capitaine Victor en pleine traversée. ©YBR/Onboard

Voilà, on attendra encore un peu pour Noël, ou alors juste on attendra de voir les autres films de la saison… Peut-être émergera-t-il comme LE film de l’année. Mais peut-être pas. Au moins, les détracteurs des premiers volets qui dénonçaient la débauche d’hélico et le côté Hollywood seront sans doute moins choqués ici, car la leçon a été apprise, certes. Mais quand on est un aventurier, que l’on recherche la perfection, alors on est en droit de se sentir déçu quand tout n’est pas à la hauteur de ce que chacun dans le milieu était en droit d’attendre. Nul doute que ce sera un hit néanmoins, car The Fourth Phase le mérite largement. De nouveaux spots (les Alpes japonaises notamment, totalement incroyable), et non des moindres, parmi ses atouts majeurs. Et on se réjouit déjà de voir des salles combles pour venir voir du snowboard. Merci à tous ceux impliqués dans ce film, ne serait-ce que pour cette raison, la plus importante peut-être, bien plus que nos analyses. Plus de 2.000 personnes à San Sebastian par exemple: si c’est pas une super nouvelle ça! Mais il sera intéressant d’entendre directement la voix du public à partir du 2 octobre, pour la “Global Premiere”.

À ce propos, on attend ton opinion, oui, toi là!

Le Velodromo de San Sebastian ©YBR/Onboard

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