RESPECT - Darius Heristchian - Onboard Magazine FR

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RESPECT – Darius Heristchian

[Darius en mode cowboy à Avoriaz. Photo: Matt Georges]

Darius Heristchian pourrait bien être le mec le plus cool du snowboard. Non seulement c’est le gars qui est toujours de bonne humeur, mais en plus il a un grand cœur, il sait écouter, et bien entendu il a beaucoup, mais alors beaucoup de talent. Reconnu comme l’un des riders les plus stylés de sa génération, il tweakait déjà tous ses tricks avant que cela ne devienne la norme. Tous ces éléments ont bien sûr fait de lui l’un des piliers de la scène genevoise, qui a énormément fait parler d’elle au début des années 2000.

C’est pour toutes ces raisons que nous nous devions de payer un ‘Respect’ à cet ex-pro rider, et d’un peu parler avec lui du snowboard actuel, de la progression, du passé, du futur… Entretien avec un super rider, doublé d’un gars en or:

C’est quand la première fois que tu as vu un snowboard?

Wow… En 1985-86 je pense. C’était dans une revue de glisse appelée Fun Sensation. J’étais déjà skateur à l’époque alors quand j’ai vu ça, cela m’a tout de suite interpellé. Je me suis dit “je dois absolument essayer ça!” Cet hiver-là j’ai testé de faire du skate sans trucks dans mon jardin. Et puis l’hiver d’après j’ai loué une board pour la saison, ça c’était en 1988.

Et alors, raconte un peu les débuts?   

Cette année-là je crois que j’ai juste fait du ‘backyard skateboard snowboarding’ [rires]. Puis quand j’ai capté que je pouvais acheter un pass tout compris depuis la gare routière de Genève en direction des stations du coin, je me suis mis à bouger. Rapidement, ça m’a pris et j’y allais tous les week-ends. C’est comme ça que j’ai rencontré toute la bande, avec Joël Strecker, Romain de Marchi, tous ces mecs.

Et les sponsons, comment sont-ils arrivés?

On a tous fait le même parcours je pense: d’abord un shop, ensuite un team national, puis international. Un shop de Genève a commencé à nous filer du matos, tu imagines la motivation pour nous! C’était notre pote Robert Etienne, qui avait un shop à Genève appelé Wind Service. C’est un peu le mec qui a amené le skate à Genève, avec Jim de Pulp aussi. On avait pas internet pour découvrir toutes les nouveautés des US, alors son shop était le quartier général, pour traîner, s’inspirer, discuter… J’avais 11 ans, et c’est là que j’ai recontré tout mes potes du snow, je pourrais dire.

“J’avais 18 ou 19 ans, et c’était la première fois que je ridais avec des pros: il y avait Marius Sommer, David Benedek, tous les gros riders de l’époque. Moi je n’étais personne et eux ils étaient tous déjà connus, c’était très intimidant…”

Et de là tu as commencé à faire des contests?

Oui, quelques uns. C’est un peu le moyen de se jauger quand on est kid. J’ai eu la chance d’en gagner 2 d’affillée, du coup on a commencé à s’intéresser à moi. Arlette Jarvet est venue me voir, elle était multiple championne de halfpipe et bossait chez Rossignol, elle m’a beaucoup aidé pendant les 2 années suivantes, et c’est aussi elle qui m’a trouvé un deal avec Hammer Snowboards. C’est comme ça que ça a vraiment commencé.

En parallèle, on traînait aussi beaucoup dans le shop de Jim Zbinden, Pulp 68. On y passait tout notre temps quand on ne ridait pas, en gros. Jim avait mis en place ce lieu d’échange, qui est devenu légendaire depuis, et il savait motivait tout le monde, il nous a fait croire en notre potentiel, ça n’a pas de prix ça! Surtout qu’à Genève, personne ne parlait de snowboard. À l’école j’avais essayé d’avoir un aménagement des cours pour aller faire les compètes, on m’avait répondu: “nous on ne reconnaît que le golf, le ski et le foot comme sports pour les dérogations”.

Switch back 5 aux Crosets. Photo: Fausto Capponi

Je pense que la première fois que j’ai vu une photo de toi, c’était à la Quik Cup. 3 kids venus de Suisse en train de rider un hip… 

Oui, il y avait Jonas Emery, Romain De Marchi, Jérôme et Joël Strecker… On a tellement ridé ensemble. Des fois vraiment ensemble sur le même spot, comme à la Quik Cup. Je suis Goofy donc j’étais en backside, eux en face de moi, pour ainsi dire.

Tu étais déjà complètement pro à ce moment-là?

Plus ou moins, ou alors juste après, oui. Le tournant pour moi c’est l’obtention de mon Bac et en même temps le sponsor chez Hammer. J’ai pu pour la première fois passer une année complète à rider, en travaillant l’été sur les Summer Camps. Carlos, le team manager Hammer à l’époque, a commencé à me faire tourner sur quelques contests pro. Le premier c’était au Kaunertal Opening. J’avais 18 ou 19 ans, et c’était la première fois que je ridais avec des pros: il y avait Marius Sommer, David Benedek, tous les gros riders de l’époque. Moi je n’étais personne et eux ils étaient tous déjà connus, c’était très intimidant…

Puis Carlos est parti chez Nidecker et m’a pris avec lui. J’ai signé mon premier pro-model, j’en revenais pas. Ils avaient aussi un team de légendes suisses, avec Norman Kerr, Dom Corti et Kooky Pham – nous on était tous fans de ces mecs, d’autant qu’ils ridaient tout déjà: park, jib, pipe, et de bons freeriders aussi! Il y avait aussi Pat Vermeulen avec eux, et il faisait déjà de la photo et de la vidéo aussi.

À ce moment-là tu étais lancé on peut dire?

En quelque sorte oui. C’est ce mélange de motivation, de potes et de rencontres qui a fait le reste!

Justement, pour beaucoup c’est au Air & Style que tu as vraiment percé sur la scène européenne. Ce Cork 540 Back, on s’en rappelle tous! Etait-il aussi bon à faire que pour nous à regarder?

Oui, je crois que j’en ai encore la sensation même [rire]. C’était un trick que je maîtrisais bien, j’arrivais à bien contrôler la rotation lente avec mon grab, donc c’était encore un meilleur feeling de le poser sur un gros jump comme ça. J’adorais le feeling de ce trick, et je l’adore encore d’ailleurs!

Malgré l’évolution des tricks, beaucoup pensent que celui-là est l’un des plus beaux jamais vus en contest, tu le sais?

Cool, ça fait plaisir à entendre en tout cas! À cette époque c’était un trick pas trop vu, comme je le maîtrisais bien je me disais ‘je le garde pour plus tard’. J’ai fait 720 Back, 540 Back, puis Cab 7 cork, un autre 540 Back – les mecs doivent se marrer aujourd’hui en lisant ça, qu’on pouvait aller en finale d’un gros contest en faisant des 720! [rires]. En finale j’ai posé de trick, et puis j’ai tenté un Cab 10, mais je ne l’ai pas posé, et c’est Stefan Gimplqui a gagné. J’ai fait deuxième. Mais il gagnait tout Gimpl à l’époque!

“les mecs doivent se marrer en lisant  qu’on pouvait aller en finale d’un gros contest en faisant des 720!.”

Et la vidéo? Tu as commencé quand? En même temps que les contests?

C’est venu plus ou moins en même temps en fait. La première vidéo ou je suis apparu c’est Deep Freeze. Ma première année en temps que pro, et sans doute l’une de mes meilleurs parts aussi! Phil Tremsal était aux commandes, et j’ai continué ensuite à filmer avec lui, sur Bed & Breakfast en 2000 (Darius a fait la part d’ouverture dans ce film, ndlr), puis avec Brusti et Hostynek pour Absinthe – jamais comme rider principal, mais j’ai eu quelques shots à chaque fois. J’ai aussi filmé avec Mosberg (Mack Dawg) sur 1999 avec Babs Charlet et Michi Albin, puis sur quelques vidéos avec Nidecker et Pat Vermeulen qui shootait en Super 16 et Super 8. Ils étaient assez cools ces petits films, mais il n’y avait pas vraiment de distribution. En tout cas, c’était une belle époque, on s’est bien amusé! Moi je ne me voyais pas vraiment comme un compétiteur, alors ces moments-là étaient vraiment privilégiés. C’est un peu le paradoxe: je marchais plutôt pas mal en contest, mais mon truc c’était de filmer, de me concentrer sur le style de mes tricks. Mais tellement de choses pouvaient arriver pour mettre à mal tes projets: il fallait vraiment se concentrer sur un truc pour avoir une chance, ces projets vidéos étaient tous très lourds et il fallait y passer plus ou moins tout l’hiver. Et quand les films sortaient, on était tous au taquet! Six mois après on découvrait les images, c’était quelque chose! C’était précieux. Aujourd’hui, internet est passé par là et on voit tout, tout de suite.

Invert à Chamrousse. Photo: Matt Georges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis tu as monté ton propre projet vidéo, Thermos, c’était en 2006? 

Oui, j’ai co-produit ce film avec Olivier Pictet. Ce qui est génial, c’est que tous les riders que j’ai approché avec cette idée ont vraiment adoré et se sont impliqués à fond. L’idée, c’était de faire un film de snow inspiré de Endless Summer, et d’en parler sous l’angle de la montagne, de ces moments partagés autour du thermos, justement, et pas toujours autour de l’action et des jumps.

En fait en 2003 j’ai pris un gros carton sur les cervicales, et un nerf a souffert: pendant 18 mois j’ai vraiment galéré pour revenir, car je n’avais plus les mêmes sensations, et je me sentais faible musculairement. Mais j’avais vraiment envie de revenir car Nidecker était toujours derrière moi et je me sentais de nouveau bien après beaucoup d’efforts. C’est comme ça qu’avec Olivier Pictet, le filmeur de Thermos, on s’est dit “tous ces films qui ne se concentrent que sur l’action, il doit y avoir moyen de faire quelque chose de différent, plus basé sur l’aventure”. Et on s’est lancé à fond dans cette idée. L’idée, c’était aussi de se dire: nos familles ne savent même pas ce qu’on fait tout l’hiver, alors avec un angle moins technique et plus contemplatif, on pourrait toucher les gens à un autre niveau, et nos familles aussi. Montrer l’environnement, la quête qui nous rassemble…

Ce que Rip Curl appelerait The Search

Exactement. Notre ‘Search’ à nous. On voulait faire une film qui nous ressemble et qui soit différent. J’étais toujours sponsorisé mais j’avais perdu pas mal de contacts, ça a donc pris de temps pour aller voir tout ce monde et leur présenter l’idée. Un projet à long terme, sur 2 saisons et sous la forme d’un documentaire. Crois-moi, c’était pas si facile que ça à ‘vendre’. J’ai appelé tous mes potes, Thomas Brunner, Joël, Mathieu Crépel… Tous ceux avec qui j’avais plus qu’une relation de shred avec, des gars qui allaient coller à ce projet de par leur personnalité. Et c’est ça qui a donné naissance à Thermos. Essayer sur 2 hivers, que chaque rider impliqué nous fasse découvrir un spot, soit là où il a beaucoup ridé, soit là d’où il vient Un truc à partager ensemble, comme le thermos après la session.

“quand les films sortaient, on était tous au taquet! Six mois après on découvrait les images, c’était quelque chose! C’était précieux. Aujourd’hui, internet est passé par là et on voit tout, tout de suite.

Et après ça, tu es passé chez Rip Curl, justement?

C’est ça, et j’ai filmé pour les projets maison Welcome Home, avec à la clé des trips incroyables et d’autres endroits que je n’aurais jamais visité si ce n’était pas pour le snowboard. On est allé en Himalaya, en Abkhazie, sur la Mer Noire.. Bref l’Aventure, avec un grand A! Un pays qui a aussi connu beaucoup de combat en son temps, et qui s’en remet peu à peu.

[Dans certains pays, le film Thermos est encore visionnable. profites-en ci-dessous, si tu peux!]

Et un beau jour, j’imagine que tu te rends compte que tu n’as plus tes jambes de 20 ans, comme on dit?

Oui, surtout après toutes les blessures que j’ai eu, et même si j’ai eu toujours autant envie de rider! J’ai réussi à ménager un retour aux études et le snow pendant deux ans supplémentaires, puis à l’issue de cette transition, mes priorités ont un peu changé. J’ai aussi essayé de mener quelques uns de mes projets à bien, je voulais aussi visiter l’Iran mais j’ai dû annuler finalement. Rien n’arrive tout seul et la transition n’est jamais facile. il faut juste bien y réfléchir et ne pas se précipiter ou partir dans tous les sens.

Photo: Matt Georges

Quelques étaient ces études?

Des études d’économie. Avec un peu de marketing, ce qui m’a permis de voir un autre apsect des choses, celles dont on ne se soucie pas quand on est pro rider. J’ai continué à rider après mon diplôme, à faire du coaching dans un club de Genève, pour des kids de 11 à 15 ans vraiment forts d’ailleurs! Puis j’ai travaillé sur un projet de start-up internet pendant 18 mois, Mountain Days, ce qui m’amenait à rester vraiment en contact avec le monde de la montagne. Et aussi une expérience chez Oakley, puis aussi chez Nidecker, où j’ai bossé pour l’export et la distribution. Et depuis le 1er novembre, j ebosse désormais chez GIRO, en tant que manager de la catégorie snowboard pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie.

Qu’est-ce qui a le plus changé dans le snowboard, tu dirais?

Notre sport est devenu plus mature, tout simplement. Moi et mes potes, on a fait sans doute partie de la 2ème ou même 3ème génération de riders, donc le snowboard en était encore à ses débuts, et le snow c’était un lifestyle, un vrai package alternatif à la vraie vie, tu vois? C’est ce qui rendait cette époque si attachante car tout le monde adhérait au mêmes idées, au même lifestyle, on se sentait tous en famille, et une grande confiance en nous-mêmes et en les autres nous habitait. Aujourd’hui, on peut faire du snow sans avoir rien à voir avec ce lifestyle de l’époque, un peu déjanté. Et la compétition, c’est vraiment du sérieux à présent. C’est tellement plus dur de percer maintenant du coup, chacun doit se faire sa place et c’est hyper dur. Le niveau a fait un bon énorme et l’investissement personnel que tout cela demande est bien supérieur. J’imagine qu’ils en tirent les bénéfices quand ça marche bien sûr, mais le taf qu’il y a pour y arriver est bien plus costaud. Avant, tu pouvais faire la fête, rider le lendemain et apprendre de nouveaux tricks dans le même temps. Ça n’est plus possible, i faut être en forme, et surtout il faut s’entraîner pour y arriver. Ce qui est peut-être plus facile pour eux, c’est que comme certains sont devenus des stars internationales depuis, les parents ont une référence, et peuvent les pousser davantage. Pour nous, c’était une page blanche à écrire, et les parents se posaient beaucoup de questions!

Darius en couv’ du N°73 d’Onboard, feu le magazine papier… Photo: Pat Vermeulen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et au final, qu’est-ce qui est le mieux?

C’est ainsi, c’est tout! La progression, la maturité, ces choses-là ont toujours un côté positif et un autre négatif. Ce que je remarque, c’est que l’âge auquel les pros deviennent vraiment connu a baissé, ils ont tous moins de 20 ans, parfois moins de 16 ans. Enfin je parle de ceux qui scorent sur les contests. Ils n’ont pas encore grand chose à dire à part de laisser leur talent s’exprimer. Mais c’est bien, ils vivent le moment, et c’est déjà pas mal. Pour moi, l’apprentissage se faisait aussi à travers les anciens, mais eux sont tellement focus sur la compète que ça leur passe un peu au-dessus. Ce n’est pas forcément une critique, ils doivent juste être dans leur bulle pour bien performer, donc c’est différent. J’en profite pour remercier des gars comme Jasper Sanders de Quiksilver, ou encore Damien Giraud, qui avaient l’expérience et aimaient nous la faire partager. Mais ça c’est vraiment le monde des contests. N’oublions pas que le snowboard, ça se fait dans la montagne avant tout, et que là, il faut beaucoup d’expérience, notamment celle des plus anciens, pour arriver à quelque chose. Tous ces apsects du snowboard me fascinent toujours autant. J’espère juste que tous les kids qui ont l’envie et le talent de vivre de cette passion pourront l’approcher globalement, de la meilleure des manières, et que cela les enrichisse en tant que rider bien sûr, mais aussi en tant que personne. Ça serait bien aussi que l’on fasse plus d’effort pour que le snowboard s’ouvre à d’autres catégories de personnes, moins favorisées par la vie.

Le passage de témoin des générations est quelque chose à préserver c’est certain, et l’ouverture aussi!

Oui, notre milieu ne s’est parfois pas assez attaché à cela, et au final il en paie les pots cassés. Je me rappelle d’une période où passé 25 ans, tu valais plus rien. Mais ceci est fini. Aujourd’hui on voit des marques se rapprocher d’anciens riders, car ils ont compris ce qu’ils pouvaient apporter en terme de connaissance, d’expérience, mais aussi en terme d’image. Aujourd’hui pour être crédible, il faut avoir les pieds bien ancrés dans le truc, et afficher des gars qui ont déjà eux-mêmes cette légitimité. On voit même le retour du carve, tu sais? Ça ride sur les pistes, ça carve à mort, ça fait des Vitellis – je ne sais même pas si les kids savent qui est Serge Vitelli! Et puis la réapparition des Banked Slaloms tu vois, c’est un éternel retour! Tiens prends le mec qui a fait un turn en nollie McTwist… Alek Østreng. Est-ce qu’il connaît Serge Vitteli? L’inventeur du virage allongé au sol? Je pense pas, mais il a pris un truc inventé il y a 25 ans, et il y a ajouté de la technique des années 2015, et voilà, tout le monde adore! Donc si le snow trouve le moyen de se renouveler comme ça, et ne ferme plus la porte à certaines choses, comme il a pu le faire dans le passé, alors son avenir est assuré. Il ne faut pas non plus qu’il se fasse trop influencer par les gros organes sportifs qui ont toujours tenté de le canaliser. Et tant que les Jamie Lynn, les Bryan Iguchi, les Terje sont là, et inspirent encore la nouvelle génération, alors tout va bien. On a besoin de ces mecs!

“Alek Østreng. Est-ce qu’il connaît Serge Vitteli? L’inventeur du virage allongé au sol? Je pense pas, mais il a pris un truc inventé il y a 25 ans, et il y a ajouté de la technique des années 2015, et voilà!”

Cool. Merci de nous avoir confié le fond de ta pensée. un dernier mot? 

Oui, j’aimerais parler d’un petit contest que j’organise bientôt! Ça va se passer à Thyon, sous la forme d’un Open. Thyon, c’était la première station suisse à se bouger pour le snowboard en Suisse avec Champéry-Les Crosets, c’était les meilleurs parks du pays. On doit beaucoup, nous riders suisses, à ces 2 stations, alors je suis content de rendre un peu de ce qu’ils m’ont donné à travers ce contest. Ça s’appelle L’Entracte, et c’est un contest de Straight Airs. Pas de rotation, juste des sauts droits, jugés sur leur amplitude et leur style. En normal ou en Switch. À l’instar de ce qui se faisait au Gangs of Thyon, un contest qui avait lieu dans cette station et qui a duré une dizaine d’années, on veut faire revivre ces tricks qui aujourd’hui ne comptent plus, car seules comptent les grosses rotations, voire les têtes en bas. Je ne suis pas contre les triple corks, mais disons que là on peut se creuser la tête différemment et se demander: comment je peux faire de la progression, mais sans les spins? Qu’est-ce que je peux faire si je tournicote pas en l’air? La réponse, c’est qu’il y a plein de trucs à faire, et je suis sûr qu’on va voir des choses géniales à thyon à cette occasion. Je n’ai pas encore les dates exactes à vous communiquer, mais ça sera sur un week-end, avec beaucoup de nouveaux riders, d’anciennes légendes, et tous ceux qui veulent envoyer un trick et s’amuser! Et puis un event ou les anciens peuvent envoyer des tricks à leur portée, ça ne se refuse pas pour flamber, non? Et puis l’échange entre générations dont on parlait, j’espère bien qu’il va avoir lieu aussi!

Enfin, j’aimerais dédier cette interview à notre ami Philip Berclaz. C’était un mec en or, et un photographe de talent, qui a pas mal pigé chez Onboard d’ailleurs. Il avait la passion, comme nous, il nous a suivi notamment sur les 2 années avec Thermos, il a été le témoin privilégié de ces évolutions, avec toujours son humour plein de détâchement et son intelligence assortis à son sourire. Et un très bon coup de pelle pour faire des kickers aussi. Bref, il est parti il y a déjà quelques années, mais on pense toujours à lui. Tu nous manque, Berclaz!

900 Back, col Furka. Photo: Thierry Sermier

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