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Interviews

Elena Hight parle de Hight Hopes et de sa parution controversée sur ESPN

Photo: Vanessa Andrieux

Elena Hight est dans le snowboard depuis plus de dix ans maintenant, et elle a trouvé le temps non seulement d’être la première nana à rentrer un double cork dans un contest de pipe et d’avoir sa propre série web intitulée “Hight Hopes”, mais aussi de décrocher l’équivalent d’un DUT en Affaires Internationales et de faire un reportage photo pour ESPN très largement diffusé. On s’est posé avec elle un moment au Volcom team meeting de Kitzsteinhorn pour recueillir ses impressions sur cette saison bien remplie.

Tu as eu ta propre série web “Hight Hopes” sur ton parcours vers les JO, mais tu n’y es finalement pas allée. Comment as-tu vécu le fait de traverser ça à la vue de tous ?

Quand les gens de Snowboarder m’ont contacté pour la série, je savais que la seule manière dont j’accepterais de la faire, c’était de véritablement dévoiler mon investissement pour les JO. J’ai eu le sentiment que, parce que c’est un challenge complexe avec plusieurs aspects,  beaucoup d’autres snowboarders ont minimisé l’importance des JO, avec des phrases du genre :“Ouais, j’aimerais bien y aller, mais il y a aussi pas mal d’autres trucs à faire ailleurs.”

J’ai l’impression que personne ne s’est vraiment démené et ni ne s’est vraiment impliqué, il fallait s’y mettre à fond du genre : oui, c’est vraiment quelque chose que je veux accomplir. Le fait de partager ça avec le public vous met dans une position très vulnérable, mais je crois que c’est aussi quelque chose de très puissant. Ce que je souhaite accomplir dans le snowboard féminin, c’est le fait de donner confiance aux autres filles et de leur montrer tous les aspects de ce qu’on peut apporter.

Tu as vraiment repoussé les limites de la discipline pour les femmes mais quand tu as posé nue pour ESPN, on a beaucoup parlé du sexisme dans le milieu du snowboard. Quel est ton point de vue sur tout ça ?

On peut dire qu’il y a deux vitesses bien distinctes pour les hommes et les femmes, et dans toutes les milieux. Dans le snowboard féminin, le sexe est plus utilisé comme argument de vente que pour les hommes. Je pense qu’ESPN a très bien exposé les corps des athlètes pour ce qu’ils sont vraiment et en ont fait un argument de force, plutôt qu’un outil de propagande qui reviendrait simplement à vendre du sexe.

Pour avoir grandi dans la culture d’aujourd’hui, je sais qu’il y a une sorte d’idéal de ce que doit être le corps de la fille parfaite, et dans ma démarche, une partie de mon intention était de montrer que je ne suis en aucun cas la fille parfaite. J’ai traversé des phases difficiles dans ma relation à mon propre corps, mais je crois que je parviens aujourd’hui à être satisfaite de ce que je suis. Si je pouvais donner suffisamment confiance, ne serait qu’à une seule fille, pour lui permettre de s’accepter et de s’aimer telle qu’elle est, ce serait déjà une victoire.

Elena en monstre du pipe qu’elle incarne… Photo: Vanessa Andrieux

Tu es une athlète et tu as toi-même décidé de le faire, et c’est très différent de placer des nanas au hasard à moitié nues sur les contests.

Ouais, c’est clair ! On se demande bien ce qu’elles fabriquent là ! Notre sport est si jeune et tellement gouverné par les hommes, et l’image désinvolte et rebelle qui est de rigueur inclue le fait de dégrader l’image de la femme. Mais à côté de ça, c’est vraiment bon d’être dans le snowboard aujourd’hui parce que les snowboardeuses ont creusé leur trou dans le sport. Du coup, il y a un bon niveau niveau de respect à notre égard et chacun fait de son mieux pour repousser les limites du sport. C’est une bonne époque.

Tu as posé des tricks assez énormes par le passé, comme ton double backside rodéo dans le pipe des X Games 2013. Quels sont les tricks que tu aimerais balancer la saison prochaine ?

J’aimerais bien rentrer mon Double Rodéo. Pour ce qui est un peu plus classique, j’aimerais faire des McTwists dans le pipe. Ça a toujours été un des tricks que je n’ai jamais réussi à apprendre mais que j’aimerais bien travailler. Ça a l’air vraiment cool et c’est un trick technique, donc voilà, c’est un de mes objectifs pour l’année prochaine.

Photo: Vanessa Andrieux

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