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Interviews

L’interview d’Olav Stubberud : L’Homme Derrière L’objectif Chez RK1

Olav ne se censure pas

Le snowboard est peut-être un sport de jeunes hommes quand on pense aux riders, mais une chose est certaine, c’est qu’un photographe de 13 ans, qui s’est mis au snowboard seulement quelques mois auparavant, et qui se voit publié dans un magazine, ça ne court pas les rues. Mais encore une fois, si vous avez passé vos classes de maternelle avec Stale Sandbech et Alek Ostreng, ce n’est pas tellement une surprise… Alors que ces deux derniers préparaient leur avenir de pros, Olav Stubberud faisait autrechose, mais il n’a pas été longtemps avant qu’ils le traînent sur les pistes avec eux. Tenter de suivre ces deux-là n’a pas été chose facile et c’est finalement à ce moment-là qu’Olav a pour la première fois piqué l’appareil photo de son père et a commencé à les shooter en train de balancer des gros tricks, au lieu d’essayer de les rentrer lui-même.

On voit clairement que les ados Olav, Stale et Alek préparent quelque chose

Avancez de huit ans et vous obtenez un photographe professionnel de 21 ans qui peut déjà annoncer qu’il “les a tous photographié” – les snowboarders les plus talentueux, créatifs et prestigieux, ainsi que des célébrités comme Snoop Lion et Steve-O. Il était temps de l’embêter un peu avec nos questions et, on doit bien l’admettre, ça n’a pas été facile de lui mettre le grappin dessus. Olav est surement l’homme le plus occupé de la planète, tout le temps en voyage un peu partout dans le monde, tout au long de la saison. Tu es toi-même un snowboarder plutôt bon, n’est-ce pas ? Je ne ride pas trop mal il me semble ! Je ne rentre pas beaucoup de tricks mais je fait du snowboard depuis 8 ans maintenant. As-tu déjà songé à devenir pro ? J’ai un peu évité tout le système si on peut dire. Beaucoup de photographes ont été pros ou très bons riders avant de devenir photographes. Mais dans mon cas, j’ai commencé à prendre des photos si jeune que je n’ai pas eu le temps de penser à la compétition. Est-ce que tu le regrettes ? C’est marrant de penser à tout ça, si j’avais percé moi aussi, depuis que c’est le cas pour Stale et Alek. Si j’avais continué à rider, peut-être que je serais au même niveau qu’eux maintenant ? Je ne sais pas, et je ne saurai jamais à vrai dire. Mais je ne le regrette pas du tout.

Des backflips synchronisés à Keystone, comme si de rien était : Brage Richenberg, Jonas Steen, Jørn Simen Aaboe

La photo de snowboard, est-ce que c’est ce que tu souhaites faire toute ta vie ? J’espère que oui. On ne sait pas de quoi de demain est fait, mais c’est effectivement ce qui me motive et ce qui m’enthousiasme. C’est mon mode de vie à présent et je dois assumer mon choix. Pour être honnête, ce n’est pas un choix difficile à faire, j’adore ça et j’espère que je continuerai de le faire jusqu’à mon dernier souffle. Quelle est la dernière photo que tu souhaiterais prendre avant de quitter ce monde ? Un selfie avec des chaines en or, mes meilleurs potes et ma famille. À propos de selfies, tu adores les faire en moule-bite tout autour du monde. Comment tout ça a commencé ? Je ne sais pas, ça me fait tripper ! Et puis j’aime bien faire les trucs comme je le sens. Je le fais, c’est tout, et j’apprécie à chaque fois de m’exprimer de manière étrange. Le coup du moule-bite a commencé quand je m’éclatais à New York, je dansais comme un petit fou avec mon col roulé, mon short et ma nouvelle couleur de cheveux argentée. Je trouvais ça vraiment marrant au début. Si je trouve quelque chose de marrant, je m’y atèle… et puis j’ai fini par danser dans la rue.

Si je trouve quelque chose de marrant, je m’y ATèle… et puis j’ai finis par DANSER dans la rue.

Tu as décidément rallier tout le monde sur Instagram avec ce trip. Tu bénéficies d’un public assez large, environ 10000 followers. À ton avis, pourquoi marches-tu si bien sur ce réseau ? Je pense que j’y travaille plus et j’y passe plus de temps que les autres. J’aime bien l’idée d’avoir un feedback instantané. Tu peux tester les idées ou les photos normales et voir ce qui marche bien sur le plan visuel. Nous sommes plus “visuels” que nous ne l’avons jamais été et plus enclins à regarder des photos et des vidéos. Tout le monde le fait d’ailleurs, mais quand un type comme moi se pointe et propose des choses différentes et originales, les gens aiment ça. Donc tu transposes le feedback d’Instagram dans ton travail ? Ouais, je suis vraiment fasciné par tout ça, les choses comme les applis et toute la génération des selfies que nous sommes. C’est cool et j’apprécie carrément tout ça. Tu ne le voies pas comme un problème vis à vis de la photo professionnelle parce qu’en gros chacun peut prendre une photo basique et l’améliorer avec un filtre quelconque ? Ma profession est en train de se faire complètement submerger, ça a bien changé sur les quelques dernières années à cause de toute la technologie. Il est assez facile de prendre une photo qui paraît bien au grand public. Mais c’est aujourd’hui plus difficile de se démarquer du reste de la foule. Je ne vois pas ça comme un problème, mais plutôt comme un défi à relever.

Les potes, c’est la base : Stale Sandbech, Olav Stubberud, Len Roald Jorgensen, Alek Ostreng

Peux-tu nous donner une estimation grossière du nmobre de photos tu prends par an ? Non ça serait vraiment approximatif. Essaie ! Une prise exige environ 500 à 1000 photos. Multipliez ça par peut-être 150 à 200, on obtient 150000 à 200000 photos par ans. Et c’est avec mon appareil normal, parce qu’avec mes appareils jetables et mon iPhone, c’est encore bien plus… Donc pour ton travail, tu utilises un appareil numérique ? Oui effectivement. J’aurais bien aimer utiliser plus de pellicule mais j’ai un peu rater cette époque, donc je n’ai pas vraiment eu la chance de le faire tant que ça, mais j’aimerais bien utiliser un mélange des deux. Quel appareil utilises-tu quand tu shootes du snowboard ? Canon ne me donne pas un centimes pour dire ça, mais je dois dire que je shoote avec un Canon 5D Mark III. Habituellement, je ne réponds pas à cette question, mais vous pouvez l’écrire.

Fredrik Perry en frontside boardslide à Oslo

Merci ! Quelle est selon toi ta meilleure prise jusqu’à présent ? J’ai une ou deux photos favorites mais c’est peut-être celle avec laquelle j’ai remporté le prix de la Photo de l’Année en 2011 ici en Norvège. C’est une prise sous l’eau d’un rail de Fredrik Perry. C’est ce genre de prise à laquelle tu penses pendant des années et que tu finis par faire. Je ne crois pas que ce soit ma meilleure photo dans tous les sens du terme, mais c’est la plus cool et la plus symbolique pour moi.

J’irais dans l’espace et J’AMÈNERAI le crew rk1 pour faire un shoot, peut-être que je construirais un loop sur la lune ou sur mars.

Est-ce que tu as tout appris tout seul ? Comment as-tu appris à faire de bonnes prises ? J’ai démarré vraiment très tôt et tu ne peux pas vraiment apprendre la photo avant le lycée. Il y avait un ou deux photographes en Norvège que j’admirais et qui m’ont poussé. Frode Sandbech, le frère de Stale est évidemment une de ces personnes qui m’a encouragé à continuer sur ma lancée. Ce n’est pas lui qui m’a vraiment beaucoup appris sur la photo en elle-même, mais il a toujours été là et a pris ces photos incroyables quand j’étais petit. La chose la plus importante est simplement le fait d’avoir quelqu’un qui peut te pousser et te donner des conseils quand tu en as besoin. La photo ne peut pas vraiment s’étudier et tu ne peux pas vraiment apprendre autrement qu’en passant à l’acte. Si tu avais un budget illimité, qui shooterais-tu, où et sur quel trick ? Si je pouvais vraiment me lâcher sur le budget, j’airais dans l’espace et j’amènerais le crew RK1 pour faire un shoot, peut-être que je construirais un loop sur la Lune ou sur Mars. C’est génial, j’espère qu’un jour tu auras le budget pour réaliser cela ? J’espère que ça fera au moins une couverture ! Je n’ai pas tant de couvertures que ça.

Une des couvertures qu’il a décrochée : le Product Guide Onboard 2013/14 – Trym Nordgard et Stale Sandbech dans un casual handstand boardslide complètement décontracté

Pourquoi, à ton avis, n’as-tu pas autant de couvertures que tu souhaites ? J’aime beaucoup prendre des photos horizontales. Ce n’est pas une excuse, mais 85% de ce que je shoote est horizontal. Ce n’est pas un problème et je ne m’en fait pas trop à ce sujet. Je n’ai simplement pas eu beaucoup de couvertures par rapport à ceux qui font ce que je fais depuis aussi longtemps que moi. Mais j’ai probablement eu plus de publications que les autres. Ça a été assez difficiles de te mettre le grappin dessus, parce que tu es en déplacement permanent. Est-ce que ça te pèse parfois ? Je suis très content de pouvoir être avec mes amis, de voyager dans le monde entier et d’être payé pour le faire. C’est vraiment un truc extraordinaire. Je compte parmi les 1% des gens qui peuvent le faire. Le voyage est fatiguant parfois, c’est clair, mais ça fait partie du jeu, et j’apprécie toujours de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir de nouveaux endroits. Je ne peux pas me plaindre du voyage, ça perturberait beaucoup de gens. Je suis vraiment satisfait de la manière dont se déroule ma vie et je continuerai de repousser les limites de mon travail ainsi que les miennes.

Les séquences de RK1 sont synchros : Stale Sandbech et Oivind Andersen soon to switch Breck d’une autre planète ?

Vous pouvez suivre les aventures d’Olav en vous abonnant à son compte Instagram ici.

Regardez les vidéos d’Olav avec RK1 ici

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