Quand les Montagnes étaient Sauvages - L'Interview de Mitch Tölderer - Onboard Magazine FR

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Quand les Montagnes étaient Sauvages – L’Interview de Mitch Tölderer

[Dans l’Albanie sauvage. Photos: Carlos Blanchard]

Le grand et historique freerider autrichien Mitch Tölderer s’est depuis quelques années spécialisé dans les expéditions les plus reculées et les plus inattendues. Sa dernière aventure: une excursion dans les montagnes albanaises, qui fait désormais l’objet d’un court-métrage disponible sur notre site: “When The Mountains Were Wild”.

Originaire de la région de Carinthie, au sud de l’Autriche, Mitch Tölderer a découvert le snowboard sur une planche faite maison et sur les pentes de son village en 1987. Il allait y consacrer les 30 prochaines années de sa vie, et ce n’est pas fini! “Pour ceux de ma génération, le snowboard est né sous nos yeux, un nouveau monde que l’on pouvait découvrir totalement” se rappelle-t-il. “Pas d’histoire, pas de règles, un peu comme un beau livre aux pages blanches et qu’il faudrait remplir de belles histoires, nos histoires.” Son histoire à lui, c’est de toujours découvrir, grâce à ce moyen unique qui nous permet d’évoluer en montagne et en tirer le maximum de plaisir. Il a d’ailleurs touché à tout, du slalom au halfpipe en passant par le park. Mais c’est bien au freeride qu’il a consacré la majeure partie de sa carrière.

Après avoir déménagé à Innsbruck afin d’y étudier la médecine et se placer au centre de la scène snowboard, Mitch commença le boardercross – une discipline qui mariait bien ses diverses aptitudes, et qui lui vaudra de trouver rapidement quelques sponsors. Il va donc suivre le Tour ISF de boardercross au cours des années 1990, même s’il déjà il commence à rêver d’aventure, notamment d’Alaska.

Ces années de compétition en boardercross lui ont donné une solide aptitude dans les courbes, mais lui commençait à envisager la suite. Il s’arrangea pour participer à l’Extreme de Verbier, compétition freeride de référence en Europe et grand rendez-vous du Frreride World Tour encore aujourd’hui. Et comme de bien entendu, il remporta l’épreuve en 2001. Il montera sur 6 podiums à Verbier au total, en 11 participations. Sa carrière de freerider était désormais bien enclenchée. Il était temps pour lui de réaliser ses rêves d’Alaska. De son premier trip sans vraiment de budget, tout juste en tout cas pour se payer une journée de dépose en hélico, il gardera des souvenirs mémorables et ne cessera d’y retourner, de manière de plus en plus professionnelle et organisée, pour en tirer le meilleur parti. Il y filmera quelques belles parts, et ridera toutes les lignes qu’il rêvait plus jeune de rider.

Sa carrière en freeride de compétition s’étirera jusqu’en 2011, année où il gagnera le Freeride World Tour crown. C’est aussi l’année où il se laissera inspirer par le film de Leeward Cinema My Own Two Feet, sorti en 2008, et où il se lancera dans le splitboard. Ce qui va lui permette de passer du temps plus près de chez lui, en rendant ses montagnes locales désormais beaucoup plus accessibles. En 2012, Mitch et sa femme Bibi apparaissent dans le film de Jeremy Jones Further, scorant de belles lignes en splitboard dans le park national autrichien de Karwendel.

Plus récemment, Mitch ressentit le besoin d’explorer de nouvelles zones en Europe et, avec le soutien actif de ses principaux sponsors Patagonia et Jones Snowboards, se lança dans l’organisation d’un trip sauvage dans une région des plus reculées d’Albanie. When the Mountains Were Wild est le film qui retrace cette aventure….

Tu as réussi à faire une belle et longue carrière dans une discipline du snowboard souvent considérée comme une niche, voir une voie sans issue qui manque de soutien dans l’industrie du snow – le freeride. Comment as-tu réalisé cet exploit?  

Je dirais que j’ai toujours marché à l’affectif, et que c’est finalement ce que j’ai toujours aimé. J’ai pu réaliser tous mes rêves en la matière, alors du coup je n’ai pas l’impression d’avoir manqué de soutien en cela.

Après, il est évident que le soutien financier n’a pas toujours suffi tout au long de ma carrière, d’autant que je tenais vraiment à rider pour des marques qui représentaient quelque chose pour moi et pour notre milieu. J’ai donc repris mes activités de médecine en parallèle, histoire de payer les factures mais aussi dans l’idée de terminer un jour mon internat. 

Je me suis associé à Jones très rapidement car j’étais fier et heureux que l’un d’entre nous se lance dans le business et propose une marque authentique orientée vers le freeride et le splitboard. Ce pari était osé, surtout à un moment où les marques envisageaient plus de réduire la voilure plutôt que de se lancer dans de nouvelles activités. Par la suite, je me suis également retrouvé comme chez moi parmi le team Patagonia. Ils font de très bons produits pour le freeride, et en plus je m’identifie totalement à la philosophie de l’entreprise.

Solitude.

[Au dessous: À l’aide d’une vieille carte russe et quelques recherches sur Google Earth, l’aventure vers l’inconnu commence.]

Mitch dans la poudre des Balkans.
Ce qu'on appelle mériter ses lignes.

Pour ce projet, When The Mountains Were Wild, tu es parti d’un territoire en ex-Yougoslavie, pour finir dans les Alpes Albanaises, appelées aussi ‘Montagnes Maudites’. Pourquoi et comment as-tu fais ce choix?

Je recherchais des montagnes sauvages, reculées et inexplorées tout en restant en Europe. Ce postulat de départ m’intéressait, ne serait-ce que pour montrer que l’aventure peut être au coin de la route, ou du moins pas très loin de chez nous. L’idée d’explorer des zones inconnues finalement assez proches de nos Alpes m’intéressait.

Toutes nos infrastructures alpines classiques, des routes aux remontées en passant par les refuges et les rapports météo précis, rendent le freeride super accessibles dans un grand nombre de zones de l’arc alpin. Certains refuges offrent même un confort inattendu, et en cela ont perdu un peu de leur sens de départ: offrir un toit au montagnard de passage. Mais il y a un prix élevé pour tout ce confort et cette accessibilité: le prix de l’aventure, le prix de la pureté, la beauté sacrifiée d’un territoire qui aurait dû rester beaucoup plus vierge que cela.

Rechercher cette authenticité de la pure aventure freeride en Europe signifiait chercher une zone sans station de ski, sans tourisme d’hiver. Mais aussi un endroit avec de vraies belles montagnes exigeantes et techniques, offrant de grosses conditions d’enneigement. Je n’avais pas envie de prendre un avion et me retrouver directement au cœur des montagnes. Je voulais partir de chez moi en voiture avec mon matos, et remonter le temps, histoire de voir comment s’était avant l’époque du tourisme de masse.

Connaissais-tu déjà un peu cette région, ou fut-ce la totale découverte?

Je n’étais jamais allé au-delà de la Croatie et encore, c’était en été et en famille, donc rien à voir!

“il y a un prix élevé pour tout ce confort et cette accessibilité: le prix de la pureté, la beauté sacrifiée d’un territoire qui aurait dû rester beaucoup plus vierge que cela.”

Quelle fut ta préparation pour ce trip? Comment t’es-tu décidé où aller exactement, quoi amener, avec qui?

Au tout début je ne pensais pas faire un film de ce trip. Je voulais juste explorer de nouvelles zones Alpines avec mon ami Klaus Zwirner. Je commençais juste à m’intéresser à l’Albanie lorsque les gars de Jones Snowboards ont envoyé un mail nous informant de la première ‘Subvention Aventure Jones’. J’ai donc répondu en envoyant mon idée de trip, et c’est ce projet qui a reçu l’aide financière. Dès lors, j’ai souhaité faire un film de ce trip.

Avec Jakob Schweighofer et Joi Hoffmann de Whiteroom Productions, j’ai trouvé un crew vidéo expérimenté, talentueux et entièrement dédié au projet. J’ai aussi appelé Carlos Blanchard qui m’avait dit quelques années plus tôt qu’il aimerait bien faire une expédition avec moi. L’équipe était donc complète!

Avant de quitter Innsbruck, nous avons commencé à regarder une zone en particulier, histoire de savoir précisément où nous mettions les pieds. Klaus a dégoté une vieille carte Russe de la région, et nous avons complété et mis à jour nos informations avec Google Earth. Au niveau du matériel, nous avons pris tout ce que nous pouvions, ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre. Tout le nécessaire pour la rando d’hiver, de quoi monter un camp de base, de quoi survivre par de basses températures et des vivres pour 2 semaines.

Dans le film, on voit du snowboard et du ski. Etait-ce volontaire, ou est-ce que le monde du freeride s’adapte simplement mieux à ce genre de mélange?

Pour moi il n’y a pas de différence, et je crois aussi qu’on a déjà vu pas mal de films freeride avec du ski et du snow. La communauté freeride est ouverte à ce niveau-là. Et sur un trip comme celui-ci, où la sécurité, la connaissance de la montagne et l’expérience sont les seules valeurs qui comptent, tu te fous bien de savoir si ton pote est en ski ou en snow.

Quelle est l’importance du matériel pour ce genre de mission?

Il faut vraiment avoir le bon matériel, celui que tu connais et dans lequel tu as confiance! Il faut penser à chaque chose, ne rien oublier et en même temps ne rien prendre de superflu. Ton matos doit fonctionner dans toutes les conditions, et tu dois avoir pensé à toutes les éventualités, comme rester bloqué sans chemin de retour suite à une avalanche ou une chute de sérac.

Plus précisément sur l’outerwear, le bon équipement peut simplement te sauver la vie. C’est aussi important que ton splitboard: tu dois pouvoir avoir totale confiance en ta board et tes fixations. Et je remercie d’ailleurs mes sponsors de m’offrir le meilleur matos possible en la matière. Cela me rassure et cela facilite grandement mes trips!

Les ours et les loups ne sont pas les seuls dangers des Balkans.
Architecture albanaise.
"Ouais, on va là... Mais on y va à pattes, mec!"

On voit dans le film que vous avez dû faire preuve de beaucoup de patience face au mauvais temps: comment ça se passe dans la tête dans ces moments-là?

Tout le monde réagit à sa manière face à ces périodes d’anxiété mélangée à l’impatience… Personnellement je le prends à la cool, en me disant que l’on ne peut rien y faire et que dans tous les cas, les conditions de neige seront meilleures après! On se donne une routine quotidienne en attendant l’accalmie. On déneige, on regarde les rapports météo, on fait des igloos, on mange, on boit du café, on joue aux cartes, on dort…

Et se réveiller le matin avec un grand ciel bleu après toute cette attente?

À un moment donné tu es tellement habitué à voir la même chose dehors, c’est-à-dire une tempête et un épais jour blanc, que tu n’arrives pas à en croire tes yeux quand ça se lève enfin. D’un seul coup, c’est toi et ton crew, seuls face au paradis blanc, c’est assez magique en effet!

Là où le crew passait ses journées pendant les nombreuses tempêtes.

Et comment ça se passe justement à ce moment-là? Est-ce que l’excitation prend le dessus et on se jète dehors? Où on refis rapidement ses plans? Aviez-vous un guide d’ailleurs?

Pas de guide ni même de locaux, tout simplement car nous n’avons trouvé personne qui était venu ici en hiver! En été, les bergers viennent à pied avec le troupeau et vivent simplement dans des vieilles cabanes déglinguées. L’hiver c’est plus compliqué.

Sinon, comme tu passes beaucoup de temps à la préparation quand il fait mauvais et qu’il n’y a rien d’autre à faire, tu es forcément prêt quand l’heure sonne. Le matos est prêt, et le temps de réaction aussi.

Ces tempêtes ont visiblement amené énormément de neige. Cela a-t-il modifié des choses en terme de sécurité, par rapport à ce que vous aviez prévu. Les bulletins météo étaient-ils suffisamment détaillés à ce sujet?

Nous n’avions aucun bulletin météo ni bulletin d’avalanche. Pas de secours en cas de problème non plus. En gros nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes. Mais avec les connaissances de la neige, l’expérience du milieu etc, tu te rends compte qu’au bout d’un moment tu es en terrain connu, tu fais certes plus attention mais au final ce sont les mêmes règles que dans la montagne derrière chez moi.

Voici peut-être des arbres qui n’avaient jamais vu un humain avant.
Un couloir de rando des plus tendus...

Souvent pour faire admirer de telles images, on doit aller à l’autre bout du monde, comme tu l’as vécu toi-même dans le film Further. Et là, c’est l’Europe sauvage qu’on a sous les yeux. Est-ce que c’est la direction que tu veux prendre désormais?

Au début de ma carrière en freeride, j’ai énormément voyagé. J’ai pris des avions pour aller dans ces zones lointaines, puis des hélicos pour accéder aux lignes. C’est ce qui a formé tous les freeriders de ma génération, et même encore aujourd’hui. Cela fait partie de l’apprentissage et d’une connaissance globale de la montagne. Mai cela change, et cela a définitivement changé pour moi. Il y a presque dix ans, j’ai vu le film de Chris Edmands, My Own Two Feet, et j’ai coupé ma board en deux en suivant. J’avais enfin trouvé quelque chose qui allait me permettre de découvrir n’importe quelle zone backcountry de la manière la plus simple qui soit.

Dès lors, le splitboard nous a ouvert un nombre infini de nouvelles zones, chacune avec ses caractéristiques propres. Quelle richesse, juste dans un rayon de deux heures de voiture! Rien que dans ce rayon, une vie entière ne suffirait peut-être pas à en découvrir tous les recoins.

“le splitboard a ouvert un nombre infini de nouvelles zones, chacune avec ses caractéristiques propres. Quelle richesse, juste dans un rayon de deux heures de voiture !”

Dans le film, tu t’interroges: “Comment étaient toutes ces montagnes avant le développement humain?” Alors nous te demandons: est-ce que ce trip a répondu à ta question?

Être en mesure d’accéder à de telles zones sauvages en seulement quelques heures de voiture, je pressentais que cela était possible, mais en faire l’expérience totale fut un vrai bonheur. Dans ces zones, les vrais rois sont les ours et les loups, pas les hommes! Donc en cela, les choses sont restées figées depuis des siècles, et ça c’est magnifique. De plus nous avons rencontré des gens simples, qui vivent une vie des plus dépouillées de confort moderne. Une vie certes difficile, peu enviable même, mais qui vivent sans doute de la même manière que leurs ancêtres, et sont très heureux ainsi. Cette vie était la règle chez nous aussi, il y a quelques 50 ou 60 ans. Mais qui sait, peut-être ces populations aussi voudront du développement, des touristes et des barrages pour accéder à plus de confort pour leurs enfants. C’est la nature de l’être humain. Je ne sais pas si c’est bien, mais c’est ainsi. [On signale au passage cette super initiative: ‘Save the Blue Heart of Europe‘ – ndlr]

Ce que j’espère de mon côté, c’est que si ces gens veulent du développement, on doit être en mesure de leur proposer quelque chose d’adapté, de doux, de moderne et de raisonné. Il faut conserver la pureté de ces montagnes, car elles sont désormais uniques en Europe de part leur aspect sauvage et totalement inexploité. Peut-être le meilleur moyen pour cela serait d’implanter un éco-tourisme raisonné, et surtout que les locaux gardent la main sur leur domaine comme sur leur sous-sol. L’éco-tourisme a d’ailleurs commencé dans certaines zones, l’été seulement, mais cela a déjà commencé.

Pour nous qui vivons dans la partie centrale des Alpes, la montagne est le dernier refuge de la vie sauvage, de la vie authentique. Mais ces zones se réduisent comme peau de chagrin, car il faut construire toujours plus de stations de ski, d’autoroutes, de barrages et de refuges qui ressemblent à des hotels… Quand on y pense deux minutes, cette fuite en avant n’a aucun sens.

Nous avons la responsabilité collective de protéger ce qu’il reste de naturel dans notre environnement, et nous freeriders de promouvoir ces zones non pas pour appeler à leur développement, mais pour donner à rêver à un monde plus pur, plus naturel, plus écologique, plus humain, au final.

[Au dessous: un local de la vallée Valbona, Demush Selimaj, dans son travail quotidien.]

Another of the Valbona farmers the crew befriended, Flamur Hysaj
Demush

Souvent pour faire admirer de telles images, on doit aller à l’autre bout du monde, comme tu l’as vécu toi-même dans le film Further. Et là, c’est l’Europe sauvage qu’on a sous les yeux. Est-ce que c’est la direction que tu veux prendre désormais?

Au début de ma carrière en freeride, j’ai énormément voyagé. J’ai pris des avions pour aller dans ces zones lointaines, puis des hélicos pour accéder aux lignes. C’est ce qui a formé tous les freeriders de ma génération, et même encore aujourd’hui. Cela fait partie de l’apprentissage et d’une connaissance globale de la montagne. Mai cela change, et cela a définitivement changé pour moi. Il y a presque dix ans, j’ai vu le film de Chris Edmands, My Own Two Feet, et j’ai coupé ma board en deux en suivant. J’avais enfin trouvé quelque chose qui allait me permettre de découvrir n’importe quelle zone backcountry de la manière la plus simple qui soit.

Dès lors, le splitboard nous a ouvert un nombre infini de nouvelles zones, chacune avec ses caractéristiques propres. Quelle richesse, juste dans un rayon de deux heures de voiture! Rien que dans ce rayon, une vie entière ne suffirait peut-être pas à en découvrir tous les recoins.

“LE SPLITBOARD A OUVERT UN NOMBRE INFINI DE NOUVELLES ZONES, CHACUNE AVEC SES CARACTÉRISTIQUES PROPRES. QUELLE RICHESSE, JUSTE DANS UN RAYON DE DEUX HEURES DE VOITURE !”

Dans le film, tu t’interroges: “Comment étaient toutes ces montagnes avant le développement humain?” Alors nous te demandons: est-ce que ce trip a répondu à ta question?

Être en mesure d’accéder à de telles zones sauvages en seulement quelques heures de voiture, je pressentais que cela était possible, mais en faire l’expérience totale fut un vrai bonheur. Dans ces zones, les vrais rois sont les ours et les loups, pas les hommes! Donc en cela, les choses sont restées figées depuis des siècles, et ça c’est magnifique. De plus nous avons rencontré des gens simples, qui vivent une vie des plus dépouillées de confort moderne. Une vie certes difficile, peu enviable même, mais qui vivent sans doute de la même manière que leurs ancêtres, et sont très heureux ainsi. Cette vie était la règle chez nous aussi, il y a quelques 50 ou 60 ans. Mais qui sait, peut-être ces populations aussi voudront du développement, des touristes et des barrages pour accéder à plus de confort pour leurs enfants. C’est la nature de l’être humain. Je ne sais pas si c’est bien, mais c’est ainsi. [On signale au passage cette super initiative: ‘Save the Blue Heart of Europe‘ – ndlr]

Ce que j’espère de mon côté, c’est que si ces gens veulent du développement, on doit être en mesure de leur proposer quelque chose d’adapté, de doux, de moderne et de raisonné. Il faut conserver la pureté de ces montagnes, car elles sont désormais uniques en Europe de part leur aspect sauvage et totalement inexploité. Peut-être le meilleur moyen pour cela serait d’implanter un éco-tourisme raisonné, et surtout que les locaux gardent la main sur leur domaine comme sur leur sous-sol. L’éco-tourisme a d’ailleurs commencé dans certaines zones, l’été seulement, mais cela a déjà commencé.

Pour nous qui vivons dans la partie centrale des Alpes, la montagne est le dernier refuge de la vie sauvage, de la vie authentique. Mais ces zones se réduisent comme peau de chagrin, car il faut construire toujours plus de stations de ski, d’autoroutes, de barrages et de refuges qui ressemblent à des hotels… Quand on y pense deux minutes, cette fuite en avant n’a aucun sens.

[Au-dessous: local de Valbona, Demush Selimaj, dans ses activités quotidiennes.]

LE FILM ENTIER EST DISPONIBLE ICI!

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