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Le Japon à L’Instinct

Gigi Rüf & Elias Elhardt 'Suivent leur Nose' dans la Poudreuse Champagne...

[Les sens olfactifs de Gigi Rüf sont en alerte pour sniffer les bonnes conditions.]

L’hiver dernier, Matt Georges est parti au Japon pour accompagner Gigi Rüf et Elias Elhardt sur le tournage du nouveau film Pirate: “Follow Your Nose“…

Texte & Photos: Matt Georges

Avez-vous déjà bu du rhum, un soir à la maison, en voulant recréer ce doux souvenir de vos dernières vacances aux Caraïbes ? Le goût n’était pas le même, n’est ce pas ?
 Ça me fait souvent cet effet là avec les sushis, et à chaque fois je me dis que les spécialités culinaires ont toujours meilleur goût dégustées sur place, dans leur pays d’origine. C’est autre chose pour les frites car tout le monde veut s’en approprier l’invention : les Français avec leur French Fries, les Américains avec leur Freedom Fries et même les Belges, c’est pour vous dire ! Très mauvais exemple finalement, car les frites c’est bon partout… Mayo Ketchup Tutti Quanti !
 Bref, quand Gigi Rüf et Elias Elhardt m’ont invité à explorer les spécialités culinaires japonaises, et aussi faire un peu de snowboard entre les repas, histoire de digérer, je n’ai bien sûr pas hésité une seule seconde !

Il s’agissait là ma foi d’une mission bien particulière, à savoir « suivre son nez » en français, titre du dernier opus de cette méga production européenne, « Follow Your Nose » en anglais donc, des fameux Pirates. Au passage, je n’ai jamais trop compris cette expression bien particulière : si l’on suit son nez en se regardant dans le miroir, on se cogne forcément. Si l’on suit son nez tout en regardant où l’on pisse, on finit dans sa flaque, penaud. Et pire encore, si l’on ferme les yeux, alors là on ne voit carrément plus son nez, et nous voilà donc perdu. Vous me suivez ? Mais non fichtre, c’est votre nez qu’il faut suivre !! De quoi parle-t-on depuis tout à l’heure ?

Gigi déguisé en Toad de Mario Kart.
Elias, déguisé en Elias.
Et bim d'entrée! Le bon Butter dans la margarine japonaise...
Matt dans la queue du cyclone.
Gigi en a visiblement marre des blagues de Matt...
Elias, premier 720 Front.
Suivant la mode ‘J-Lo’, Gigi se ferait désormais appeler G-Ruf. En tout cas, son style est bien gangster…

Tout d’un coup un multitude de questions me taraudent l’esprit. Quelle est donc LA bonne marche à suivre ? Peut-on suivre le nez de quelqu’un d’autre ? Est-ce une mission solitaire ? Les plus gros nez ont-ils moins de chance de se cogner le front ? Visuellement parlant, dans notre équipe tout fraichement débarqué au Japon, Gigi gagne, de loin ! Les multiples coups de genoux dans le visage lors de différentes réceptions engagées (ou enragées) auront eu raison de son nez, fracturé à maintes reprises tout au long de sa carrière.

Tout le monde dans le groupe est d’accord, nous suivrons donc le nez de Gigi, ce qui me semble être une sage décision car il s’agit de son dixième voyage au Japon.

 Inutile de préciser que les chutes de neige abondantes se trouvent principalement sur l’île du nord, Hokkaido. Sa voisine russe, le Kamchatka est vachement sympa et lui refile tous ses cunnilingus, euh pardon je voulais dire ses cumulonimbus, nuages porteurs d’intempéries diverses. Mon esprit a tout bonnement divagué car je pensais au même moment à ces machines automatiques vendant des petites culottes usagées. Désolé ! C’est le Japon… 
Du coup, il peut neiger tous les jours, beaucoup même, à tel point qu’il est judicieux de se souvenir où l’on a garé sa voiture la veille, faute de quoi votre voisin se fendra d’un « arigatooooo gozaimasuuuu » des plus solennel, vous remerciant ainsi d’avoir déblayé son véhicule, avant d’avoir trouvé le vôtre !

#japorn.
Gigi se fond sans effort dans le paysage.
En gros, c'est interdit.
Miam.
Gigi.
Gigi, le Samouraï du snowboard.
Gigi, ollie.

Parler de politesse tout ça c’est bien beau, mais finalement où se dirige le fameux nez de Gigi ?
 Celui-ci nous amena dans une zone assez éloignée, située dans la partie nord de l’île. La ville la plus proche étant à 1h30 de route, nous ne croiserons quasiment aucun étranger pendant toute la durée du voyage. Pour explorer à fond le backcountry japonais, mieux vaut sortir des sentiers battus, prendre sa voiture, et se perdre dans les innombrables cols de montagnes.

La municipalité de Barcelone a récemment eu raison du skateboard : la police y est de moins en moins tolérante et il est fréquent de se prendre des amendes, même en skatant juste sur les trottoirs. L’île d’Hokkaido suit malheureusement le même chemin, à cause de l’abus de certains groupes de snowboardeurs ou skieurs qui se garent n’importent comment au bord des routes, empêchant le travail systématique des chasse-neiges. La tolérance zéro devient de mise, et c’est presque compréhensible… Donc mieux vaut pelleter un grand carré de neige pour y mettre sa voiture à l’abri de la déneigeuse, loin de la route.

Les temps de trajet sont parfois longs, mais si vous voulez la paix et rider des spots tous frais, c’est malheureusement la seule solution. Pas top pour l’empreinte carbone tout ça, mais on se fait pardonner en marchant des heures durant, sans prendre de remontées mécaniques ou utiliser de sleds… Finalement on regagne quelques points de Karma.
 Paradoxalement, le Japon peut sembler être un pays surpeuplé, surtout dans les mégalopoles comme Tokyo, mais il suffit de faire quelques kilomètres en dehors des routes pour se retrouver seul au monde.

Gigi, Rodeo Front depuis un arbre.
"Excusez-moi monsieur, la Pow Pow Champagne, c'est par où?"
Gigi s'entend bien avec les locaux.
Fun dans les arbres, Rüf-style.
Rüf.
#onaimepasranger
Tout est naturel ici, sauf le board control de Gigi, qui lui est surnaturel.

Une fois garé, chaussez vos raquettes et partez pour l’aventure en suivant votre nez… Ou celui de Gigi ! Ici au bord des routes, c’est souvent le même scénario : il faut en général commencer à traverser une rivière afin d’atteindre l’autre côté du goulet, là où se trouvent la majorité des spots. Ce n’est pas une mince affaire, tout dépendra d’ailleurs de votre gabarit ! Si vous êtes une personne de catégorie poids léger alors pas de problème ! Le pont de neige tiendra sous vos pieds et vous traverserez sans entraves. Par contre, si votre métier consiste à filmer ou photographier du snowboard, veillez à revêtir des vêtements en Gore-tex, car une fois tombé, le pont de neige s’étant effondré sous vos pieds à cause de votre sac de 25kg, l’eau glacée vous laissera juste quelques secondes de répit avant de pénétrer, doucement mais surement, jusque dans vos entrailles !

Le premier spot que nous ferons sera un gros pillow gap, plutôt fat, et où les 60cm de fraîche ne seront pas de trop. Elias plaque direct un gros Front 7 mais va trop haut et trop loin, du coup il s’écrase sur sa board dans la réception bien trop plate pour ce genre d’impact. Le trip commence bien avec ce gros banger ! Il réessaye une deuxième fois afin de le faire plus propre en vidéo. Il prend moins d’élan mais finalement pop plus, ce qui le fait tomber direct dans son premier trou. Il se mettra les deux genoux dans le visage, perdra connaissance quelques secondes avant de réaliser qu’il s’est brisé net les deux dents de devant et s’est coupé un peu la langue. Jusque là, plus de peur que de mal, enfin disons que ça fait partie du jeu…

Elias et le deuxième Front 7, fatal...
"Tu devrais voir le mec en face..." Ouais, sauf qu'il y a pas d'autre mec, en fait.
Matt et son étrange fascination pour le sang...
Elias enfin à l'hopital.

Il a l’air bien sonné mais se relève doucement, avant de s’effondrer à nouveau dans la neige, tout hagard. 
Gigi est juste à côté et s’élance vers lui pour l’aider à reprendre ses esprits. Elias a une grosse coupure sur son pantalon et ça commence à saigner abondement autour de sa jambe. En remontant doucement son pant de snow on s’aperçoit qu’il s’est ouvert une grosse partie de la cuisse, pile au dessus du genou. C’est un gros trou béant vraiment pas beau… Nous voilà tous bien embêtés. Comment va-t-on le sortir de là, nous qui sommes à 30 minutes de marche minimum de la voiture, et à au moins 3h de route de l’hôpital le plus proche.

Tout au long de sa longue carrière, Gigi a malheureusement du gérer quelques fois des situations de blessures, pour lui ou d’autres, souvent en plein backcountry. Du coup il prend Elias en main pendant que nous rassemblons toutes les affaires. À l’aide d’une lanière de sac à dos nous lui faisons un garrot sur la jambe, lui donnons à boire et l’asseyons sur un snowboard, la jambe bien tendue et attachée, tout en le faisant doucement glisser sur la neige en direction du bas du goulet. La remontée à la voiture ne sera pas une mince affaire, la neige est profonde et la trace de pas n’est pas encore assez dure car il s’agit de notre première journée ici dans cette zone.

Gigi, lipslide loop.
Un temple abandonné devient vite le terrain de jeu de Gigi. Miller flip.

L’arrivée à l’hôpital est assez folklorique, personne ne parle anglais et il est compliqué de se faire comprendre correctement. Après une batterie d’examen, le chirurgien semble inquiet et veut l’opérer tout de suite, dans la foulée. Apparemment Elias s’est mis des morceaux de dent directement dans le fémur et dans la plaie et il risque une grosse infection si ce n’est pas nettoyé tout de suite : la bouche étant pleine de bactéries !

L’opération s’étant bien passée, nous rentrons à l’hôtel en espérant qu’Elias sera vite remis sur pied. Quant à nous, nous resterons dans cette zone les trois quarts du voyage, il neigera 30 cm tous les jours et nous aurons parfois du mal à retrouver nos traces de la veille. Gigi impressionnera pour sa capacité à se motiver et rider tout seul plusieurs spots par jour pendant qu’Elias se remet doucement de sa blessure. Finalement Il sera rapatrié en avion, chez lui à Innsbruck, quelques jours après son opération, le médecin lui interdisant de faire du sport pendant 1 mois complet à cause de sa plaie bien profonde, et infectée.

Avec Elias blessé, il ne reste qu’un rider à shooter… Mais quand c’est un bosseur comme Gigi, ça se passe quand même bien…
Cab 5 Cork, par le 'Notorious Gigi Smalls'.
Rüf en mode Ninja.
Le Grand Blanc.

En vue de ce voyage, Flo Eckardt le filmeur Pirate, aura écumé toute l’île sur Google Map à la recherche de spots. Plus au sud, à quelques heures de routes et après pas mal d’exploration de la zone nous trouvons enfin ce vieux temple chinois abandonné, en plein milieu d’une dense forêt. Heureusement, la grande tour se voit d’assez loin, ce qui nous facilite grandement la tâche. Gigi plaquera un loop en lipslide… Non sans s’éclater la tête quelques fois sur le béton. Nous traînerons ainsi plusieurs jours, seuls dans ce lieux délabré, hanté par de vieilles âmes, avant de rentrer déguster des sushis… Chez nous, en Europe, avec Elias bien sûr !

Gardez l’œil ouvert sur la sortie de « FOLLOW YOUR NOSE », le prochain film des Pirate s’annonce… Sanglant! Sayonara!

[En dessous: Pas de flou dans la ride de Rüf, juste un flow unique.]

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