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Rider News

FACE/TIME – Arthur Longo

[Arthur en plein soul surfing lors d’une pause pendant le BEO 2015 à Laax. Photo : Matt Georges]

Arthur Longo fait partie de l’une des rares lignées de riders capable de tourner une grosse part en freestyle backcountry une année (tu en as la preuve avec Pirates Unique 8et de se qualifier dans l’équipe olympique de son pays l’année suivante. Il a baroudé dans le circuit des compétitions pendant toute sa carrière et a ridé une multitude d’événements et de formats différents, on a donc pensé que ce serait la personne idéale pour discuter un peu du snowboard de compétition…

La structure du snowboard de compétition est aujourd’hui très fragmentée. On les WST, FIS, Dew Tour, Air+Style tours… Parmi ceux-là, quels sont ceux sur lesquels tu as passé un peu de temps et quels sont ceux que tu préfères ?

Je les ai tous essayés au fil des années. Je pense que le Air+Style  a toujours été au top grâce à son historique et au monde que cela rassemble à chaque fois. J’aime bien qu’un événement soit fait pour le public et pas pour le live streaming, ça donne vraiment une sensation à laquelle nous, snowboarders, ne sommes pas habitués. De plus, les gens d’Innsbruck  sont vraiment passionnés et c’est très agréable à voir. Mais au final, n’importe quel contest peut-être excellent lorsque les conditions et le parcours sont au rendez-vous, et cela arrive même parfois pendant la coupe du monde…

En tant que rider, les différences entre les tours sont-elles vraiment si fortes ?

Chaque contest est différent, même quand il s’agit d’un « classique ». Sur le WST tour, ils ont vraiment essayé de contenter les riders en respectant leurs souhaits et leurs opinions. Il y a donc bien sûr quelques différences comme le nombre de riders, le format de la compétition et aussi l’approche des juges. Mais ce qui diffère vraiment et ce qui est assez nouveau, c’est que c’est devenu normal d’avoir un coach et un staff autour de toi, ce qui auparavant ne concernait que la coupe du monde. L’ambiance compétitive peut dorénavant se ressentir sur tous les événements, même si le contest est censé être à la cool, et particulièrement dans le cas du halfpipe, qui diffère encore du slopestyle à mon avis. Concernant les set-ups, on pourrait penser que les contests sont de mieux en mieux, mais ça dépend en fait de l’argent qui y est investi. Mais je vois toujours les mêmes halfpipe et les mêmes obstacles tout droits alors que des parcours plus créatifs pourraient amener plus de progression et de challenge dans le snowboard. Mais cela ne concerne pas tous les événements, ce n’est pas que je dis. J’aime bien voir de nouvelles installations comme le double pipe, Peace Park, l’Arctic Challenge, tous ces banked slaloms un peu sympas… Sur des événements plus gros, la liste des riders est en générale un peu plus courte, ce qui est parfois un peu trop sélectif, mais c’est du coup plus facile pour nous de partager avec les autres et de nous sentir appartenir à un groupe.

Enorme front 9 pour entamer son run BEO 15 run. Photo: Thomas Copsey

Tout le monde parle de l’étrangeté de la situation, mais personne ne parvient à s’orienter dans une même direction pour procéder à un changement cohérent. Pourquoi penses-tu que ce soit le cas et comment cela peut-il se régler ?

C’est vrai que c’est vraiment devenu le bazard entre le WST tour et la World Cup pour notre sélection aux JO. On voudrait tous que ce soit plus simple, mais c’est difficile de faire quelque chose individuellement. J’ai l’impression, en tant que rider, qu’on essaie toujours de faire ce qui est bon à court terme, parce qu’une saison est courte et qu’on doit faire nos preuves en permanence, donc on enchaîne les événements sans avoir vraiment de contrôle, on fait de notre mieux. C’est difficile d’harmoniser tous ces événements, principalement parce que la FIS s’accroche au snowboard, mais ce serait plus simple si nous parvenions un jour à être indépendants. J’ai l’impression que le seul problème, ce sont les jeux olympiques et leur sélection, à part ça, même si les événements n’appartiennent pas tous à la même superstructure, je ne crois pas que ce soit un problème, les événements indépendants ne sont pas une mauvaise chose s’ils sont attractifs pour les riders et il y aura toujours une sélection naturelle dans les événements auxquels on va et ceux auxquels on ne va pas. Je crois que le plus grand défi que l’on doit relever est d’offrir aux kids une structure solide à travers laquelle ils pourront développer le snowboard par de meilleurs contests et un bon encadrement.

“Personnellement, je commence à être bon quand le rythme est plutôt intense je suis en général vraiment mauvais quand j’ai attendu une heure pour faire mon run, c’est juste plus flippant et moins confortable.”

Trois runs et on n’en parle plus, ou bien le format jam session ? De quel côté de la barrière serais-tu ?

Sur certains événements, on n’a même pas trois runs. Je crois que c’est déjà une bonne chose d’avoir trois runs, ça te permet de faire des erreurs, de prendre des risques, ce qui est beaucoup plus difficile avec deux runs seulement. Ce format est probablement la meilleure option pour les les événements sérieux, les caméras ne ratent rien de nos runs  et les juges non plus. Mais dans une finale avec 12 gars et au moins autant de filles, ça peut être vraiment long pour les riders. C’est pourquoi une jam session, ou une rotation plus rapide et plus de runs, si le rider le souhaite, serait vraiment une bonne option pour nous. Personnellement, je commence à être bon quand le rythme est plutôt intense je suis en général vraiment mauvais quand j’ai attendu une heure pour faire moraines, c’est juste plus flippant et moins confortable. Si on devait trouver une bonne solution pour la télé et les juges, je signerais plutôt pour la jam session que pour quoi que ce soit d’autre.

Longo sait se faufiler à travers un U-ditch. Photo: Sam McMahon

Quel est le meilleur contest auquel tu aies participé ?

Je ne peux pas vraiment n’en citer qu’un, parce qu’ils ne sont pas bien pour les mêmes raisons. Si tu sens bien un parcours et que tu finis sur le podium, l’événement te semble toujours être un bon numéro. Le Arctic Challenge est toujours très intéressant de par la manière dont ils nous traitent et dont ils nous responsabilisent. On décide toujours en groupe du meilleur moment pour faire une session, pour que tout le monde se sente bien. Mais les meileurs d’entre tous les événements, au risque d’avoir l’air idiot, sont toujours ceux auxquels tu t’amuses le plus, ceux pendant lesquels tu partages des choses avec des gens auxquels tu ne t’attendais pas. Et ce ne sont pas forcément les plus gros et les plus couteux, ce sont les contests créés par des passionnés avec l’unique objectif de passer un bon moment. Intercrew, Wängl Tängl, Rat Race… Je pense qu’il y a deux categories de contest : les contests sympas et les contests sérieux, et on ne peut pas vraiment les comparer. Je me souviens que, l’hiver dernier, après la finale du double pipe, presque tous les riders ont fait des runs ensemble à Aspen et c’était certainement le meilleur moment de la semaine pour bon nombre d’entre nous. Ces moments sont rares et c’est ce qui rend un contest mémorable.

Un joli Stalefish à Mayrhofen, sans dossard ni porte en vue. Photo: Matt Georges

Ce serait quoi ton setup de rêve pour un contest ? Et est-ce possible de faire un format sympa que les riders apprécient et qui plaît aussi à l’audience mainstream ?

Encore une fois, ça dépend du type d’événement dont on parle, mais je crois que tous les contests sont bons quand les conditions sont bonnes. J’aime bien quand c’est agréable à regarder pour le public et je crois que c’est le cas quand il y a tout le temps de l’action. Les pubs et les longues périodes d’attente entre les runs sont un peu ennuyeuses pour les gens qui matent et aussi pour les riders. Donc, le mieux, c’est de faire des sessions : une période de temps pendant laquelle les riders rident autant qu’ils le veulent, envoient des trucs techniques et des trucs plus basiques. Ce serait par contre plus difficile de juger ça, mais à la fin d’une session tu sais de toute façon qui a déchiré ou pas. Et ce que j’aime le plus dans le snowboard, c’est la diversité, un contest de rêve serait donc un contest avec un parcours avec plus d’options, et pas que des sauts droits. Quant à l’audience mainstream, je ne sais pas. J’ai le sentiment que certains contests sont déjà assez gros. Est-ce qu’on doit vraiment les rendre encore plus clairs et simples pour que les gens les comprennent

Longo n'est pas juste issu du milieu de la compétition, ce gars a une vraie expertise dans le backcountry. Photo: Matt Georges

Y a-t-il quelque chose dont tu penses que les contests pourraient bénéficier aujourd’hui ?

Le plus important pour moi, ce sont les conditions du parcours et la météo, tu peux être certain qu’un contest sera très moyen s’il n’y a pas de vitesse, s’il y a trop de vent ou si quoi que ce soit nous empêche de nous sentir bien. Avec une waiting period plus longue, la qualité des événements pourrait changer de beaucoup, mais cela impliquerait aussi que l’on doive passer plus de temps sur une compétition. Mais ce serait peut-être la bonne manière de procéder : moins dans l’urgence, moins de compétition dans la saison, mais aussi plus d’engagement.

“Les compétitions sont pour moi le moyen de revoir en permanence la progression dans le snowboard, elles peuvent inspirer beaucoup de gens et influencer chacun de nous. Mais d’un autre côté, elles peuvent être vraiment très loin de ce à quoi les gens veulent se rattacher.”

En quoi penses-tu que les compétitions sont importantes pour le snowboard ?

Avec mon expérience, quand j’étais gosse, les compétitions étaient une vraie chance. Je me souviens très bien qu’il y en avait déjà qu’on aimait et d’autres qu’on n’aimait pas, mais c’était la meilleure manière de se rendre dans une autre station, de rencontrer des nouvelles personnes et de voir les meilleurs riders. Pour la plupart des gens, c’est une bonne manière de s’ouvrir à quelque chose d’autre et de rencontrer des gens qui partagent la même passion. À la différence du skateboard, nous ne pouvons pas pratiquer notre sport devant notre porte, les jeunes doivent donc faire partie d’un club ou d’une structure, et cela implique de participer à des petites compétitions. Si les kids le supportent bien évidemment, je pense que c’est une très bonne manière de développer le snowboard.

Et quand tu grandis un peu, c’est toi qui prends la décision d’aimer ou de ne pas aimer : de continuer la compétition ou pas. C’est la beauté du snowboard, ce n’est pas “la compétition ou rien”, chacun a sa propre manière de pratiquer ce sport. Les compétitions sont pour moi le moyen de revoir en permanence la progression dans le snowboard, elles peuvent inspirer beaucoup de gens et influencer chacun de nous. Mais d’un autre côté elles peuvent être vraiment très loin de ce à quoi les gens veulent se rattacher et je ne sais pas comment ils gens ressentent l’écart entre ce qu’ils aiment faire sur les pistes le week-end et les rotations sans fin qu’ils voient à l’écran. Ce que je n’aime pas dans le snowboard, ce sont les standards, et aussi longtemps que l’on fait en sorte que notre sport reste créatif et qu’il évolue en permanence, je serai heureux en compétition. Ce serait tout de même bien que les choses ne soient pas aussi séparées dans des catégories distinctes comme le halpipe, le slopestyle, le big air…

En ce qui concerne l’importance des compétitions dans le snowboard, je pense que c’est une bonne fenêtre d’approche pour tous les gens qui ne connaissent pas les subtilités de notre sport mais je ne crois vraiment pas qu’elles peuvent motiver les gens à s’y mettre. Il y a des sports que je ne connais pas bien, que j’apprécie vraiment de regarder en compétition et qui me donnent vraiment envie de me mettre. Aussi, quand je me fais sortir d’un événement assez vite, j’adore regarder les phases finales. Les compétitions sont géniales ! Parfois…

Dark Slasher. Photo: Matt Georges

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